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Imprimé du site web de l'Institut Vanier de la famille www.ivfamille.ca. Droits d'auteur 2007. « Au bord du gouffre » devant le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce au sujet du projet de loi S-19 Dans le rapport que nous avons publié il y a environ un an, L'état actuel du budget de la famille canadienne1, nous avions conclu qu'un nombre croissant de ménages vivaient « au bord du gouffre » et qu'il fallait intervenir rapidement, avant qu'il soit trop tard. Dans notre nouveau rapport2 publié la semaine dernière, nous maintenons les mêmes conclusions. Plus encore que l'année dernière, nous estimons que les ménages doivent modérer leurs dépenses, rembourser une partie de leur dette et se constituer une réserve plus importante en prévision d'un ralentissement éventuel de l'économie ou d'une augmentation des taux d'intérêt. Sans vouloir être alarmistes, nous devons lancer un avertissement sans équivoque.LES REVENUS RÉELS STAGNENT Le revenu disponible réel (une fois tenu compte des transferts publics, des impôts sur le revenu et de l'inflation) des ménages est demeuré autour de la barre des 54 000 $ en moyenne chacune des quatre dernières années. Sur le long terme, il a progressé de moins de 4 p. 100 depuis 1980, ce qui est vraiment très peu, alors qu'on enregistre par ailleurs un nombre record de ménages à deux revenus. Qui plus est, les inégalités se creusent : les familles fortunées gagnent du terrain aux dépens du reste de la population. D'après les données du dernier recensement, on dénombre maintenant environ 1,5 million de personnes qui travaillent à temps plein toute l'année, mais qui gagnent 20 000 $ ou moins par an avant impôt… ce sont les gagne-petit du Canada3. VINGT ANS DE PERDUS POUR LES MOINS DE 45 ANS Les revenus d'emploi des 25-34 ans et des 35-44 ans sont restés stationnaires de 1980 au milieu des années 1990. Les 45-54 ans aussi ont vu leurs revenus stagner, de la fin des années 1980 au milieu des années 1990. Ces tendances ne sont pas seulement intéressantes sur le plan statistique : elles ont des répercussions importantes et mesurables sur le bien-être de plusieurs générations.
LE TAUX D'ÉPARGNE EST TOMBÉ À ZÉRO Il y a une vingtaine d'années, les ménages mettaient en général de côté environ 20 p. 100 de leur revenu disponible. Or, le taux d'épargne personnelle est tombé à zéro durant le troisième trimestre de 2004. Pis, dans la moitié des provinces, les ménages affichaient une épargne négative en 2003, le taux négatif le plus important étant celui de la Colombie-Britannique (-6 p. 100). De nos jours, beaucoup de gens vivent dans de belles grosses maisons, mais sont constamment à court d'argent liquide. Et encore, tout le monde n'a pas cette « chance ». LA DETTE DES MÉNAGES CROÎT TROP VITE Actuellement, les ménages ont une dette « moyenne » d'environ 66 800 $. La dette totale des ménages représente 121 p. 100 des revenus disponibles contre 86 p. 100 en 1980. (Quand on ne prend en considération que la dette hypothécaire et le crédit à la consommation, le pourcentage est de 105 p. 100 du revenu disponible, comparativement à 74 p. 100 en 1980.) Comme les taux d'intérêt sont au plus bas, la plupart des ménages, mais pas tous, réussissent à joindre les deux bouts. Dans notre rapport de 2003, nous avions estimé que si les taux d'intérêt remontaient de 2 points de pourcentage seulement, les paiements de principal et d'intérêt sur la dette des ménages reviendraient au sommet de 1990, ce qui rapprocherait dangereusement beaucoup de ménages du " gouffre ". LES FAILLITES DEMEURENT PROCHES DES NIVEAUX RECORD Environ 84 000 personnes ont déclaré faillite en 2004, ce qui est près du record établi en 1997 et bien loin des 21 000 faillites personnelles de 1980. Ce sont les 25-44 ans qui risquent le plus la faillite : en 2003, on a dénombré 611 faillites pour 100 000 personnes âgées de 25 à 44 ans, soit plus du triple du taux enregistré en 1987. LES ARGUMENTS CONTRE CETTE THÈSE Ceux qui contestent la thèse voulant que les ménages se rapprochent dangereusement du « gouffre » invoquent deux arguments principaux :
CONCLUSION : L'endettement excessif des particuliers, des familles et des ménages est un problème bien réel qui ne fait que s'aggraver. Il est imputable à un déséquilibre croissant entre les revenus, les dépenses, l'épargne et l'endettement. C'est particulièrement vrai pour ceux qui se trouvent du côté « défavorisé » de chacun des piliers de la santé financière. À moins qu'on rétablisse de plus saines proportions entre les piliers, de plus en plus de Canadiens vont recourir au crédit par qu'ils y sont forcés et non parce qu'ils le souhaitent. Il y aura davantage de débiteurs à haut risque dans la population. RECOMMANDATION : Vu l'endettement croissant des ménages, il faut plafonner les taux d'intérêt et faire respecter ce plafond pour protéger les Canadiens contre des frais financiers excessifs. Cependant, dans la détermination de ce qui constitue un taux usuraire, il importe de veiller à ce que les petits emprunteurs, de plus en plus rejetés par les institutions financières traditionnelles, puissent encore trouver un endroit où obtenir un prêt à court terme ou encaisser un chèque. Merci. Je suis prêt à répondre à vos questions. On peut communiquer avec Roger Sauve par téléphone au 250-642-2771 ou par courriel à l'adresse roger@peoplepatternsconsulting.com ou visiter son site Web à l'adresse www.peoplepatternsconsulting.com. 1 Roger Sauvé, L'état actuel du budget de la famille canadienne - Rapport 2003 publié par L'Institut Vanier de la famille, le 17 février, 2004.
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