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Imprimé du site web de l'Institut Vanier de la famille www.ivfamille.ca. Droits d'auteur 2007. L'évolution de la structure d'âge et ses effets TABLE DES MATIÈRES
Faits saillants et autres projections intéressantes – 2005-2026 Nous rappelons au lecteur que les projections présentées dans ce rapport doivent être considérées comme des « aperçus approximatifs » de certaines situations, à partir de tout un éventail de possibles. Population…
Ménages…
Familles…
État matrimonial…
Projections choisies sur l’emploi du temps, l’état de santé et le mode de vie, ainsi que le revenu et les dépenses
INTRODUCTION – Et alors, pourquoi est-il question d’âge quand on parle d’avenir? Ces dernières années, l’Institut Vanier de la famille a voulu attirer l’attention sur les conséquences pour la population de certaines décisions qu’on dit « privées ». Ce sont là les grandes décisions d’une vie : quand se marier – si jamais on en arrive là –, quand avoir des enfants et combien – si jamais on décide d’en avoir –,décisions qui définissent, en très grande mesure, le programme des politiques publiques. Le politique est, en ce sens, personnel. Ainsi, pourquoi nous préoccupons-nous autant de certains enjeux, par exemple la viabilité du système de santé et du Régime de pensions du Canada, les politiques nationales d’assurance-médicaments, les services de soins à domicile? C’est que nous vivons dans une société en plein changement…, qui vieillit. Nous vivons effectivement plus longtemps que les générations précédentes, mais le vieillissement de la population est essentiellement l’aboutissement des aspirations et comportements en matière de procréation de diverses générations d’adultes. Pour simplifier, le vieillissement d’une société tient principalement au choix que font les couples d’avoir moins d’enfants que leurs propres parents et grands-parents. La structure par âge de la société canadienne ne dépend pas surtout de décisions politiques et de programmes électoraux du passé. Il s’agit plutôt du résultat collectif de décisions prises individuellement par les citoyens, dans l’intimité du foyer. L’Institut Vanier de la famille a souvent rappelé aux décideurs leur obligation de prévoir, de surveiller et d’évaluer les conséquences de leurs décisions sur la manière dont les familles s’acquittent de leur tâche au nom de leurs membres et au nom de la société au sens large. Parallèlement, l’Institut Vanier de la famille a l’obligation d’aider les décideurs, de même que les citoyens qu’ils représentent, à prévoir les changements importants touchant les schèmes de formation et de fonctionnement des familles, lesquels définiront les défis en matière de politiques publiques que nous devrons tous relever à plus ou moins brève échéance. Dans le présent rapport, préparé pour l’Institut Vanier de la famille, nous tentons de prévoir et de mesurer les effets qu’auront dans l’avenir les décisions « privées » prises par les cohortes récentes de Canadiens, en conjonction avec l’évolution de la structure d’âge dans la société. En général, nous avons tendance à prendre ce genre de décisions personnelles et à poser certains gestes à des âges relativement prévisibles. Il nous faut donc, dans notre quête de réponses, examiner les schèmes de formation des familles et des ménages qui sont propres aux divers groupes d’âge. Nous nous efforçons ici d’isoler les comportements liés à l’âge et la manière dont ils contribuent à l’évolution du profil des familles et des ménages du pays. À la réciproque, nous explorons la manière dont ces tendances façonneront le profil de la société canadienne d’ici 2026. Comment se traduira l’évolution de la structure d’âge en ce qui concerne la composition des familles et des ménages? La taille des ménages continuera-t-elle à s’amenuiser? Les célibataires seront-ils plus nombreux? Y aura-t-il moins de familles époux-épouse? La réponse à ces trois questions est tout probablement affirmative, et nous examinerons les facteurs en cause aux rubriques effets de l’âge 1 à 6. Plus précisément, quelles seront les répercussions de ces changements sur certaines activités à venir des Canadiens. Lirons-nous davantage? Ferons-nous davantage de dons en espèces? Serons-nous moins nombreux sur le marché du travail? Le taux de propriété du domicile augmentera-t-il? Dépenserons-nous moins pour la garde d’enfants? Le cancer fera-t-il un plus grand nombre de victimes? Là encore, toutes ces questions recevront probablement une réponse affirmative, ce qui se précisera dans nos commentaires des rubriques effets de l’âge 7 à 10. Prévoir l’avenir des familles et des ménages n’est pas tâche facile, et les résultats ne sauraient être très précis, surtout au fur et à mesure que nous nous rapprocherons de 2026. Les projections de notre rapport devront donc être considérées comme des « aperçus approximatifs» de certaines situations à partir de tout un éventail de possibles. Dans le meilleur des cas, on verra ces indications comme des flèches pointant dans la bonne direction. Selon une étude récente effectuée en Australiei, « … on peut concevoir les projections comme étant des indications du sens dans lequel nous nous dirigeons actuellement plutôt que des prédictions sur la destination que nous aurons atteinte à un moment donné ». Néanmoins, il est rassurant d’obtenir des résultats analogues quant à la direction de notre trajectoire même lorsque des bases de données différentes sont utilisées pour décrire diverses situations, actuelles et futures. Comme nous le ferons ressortir, cela est particulièrement vrai pour les projections liées entre autres à la lecture, au travail, aux activités bénévoles et aux dons de bienfaisance. Les projections dont fait état notre rapport pourront servir à planifier l’avenir au niveau des individus, des familles, des entreprises, des gouvernements et d’une foule d’organismes et d’entités. Nous commenterons certaines répercussions, mais il reviendra surtout aux lecteurs d’en évaluer les effets plus spécifiques – pour eux-mêmes, pour leur famille et pour les divers organismes. En termes statistiques, la notion de ménage renvoie à une personne ou à un groupe de personnes qui occupent la même habitation et n’ont pas d’autre lieu de résidence habituel. De façon plus générale, les ménages comprennent des familles de deux ou plusieurs personnes, ou encore des personnes libres qui vivent seules ou avec un groupe de personnes avec lesquelles elles n’ont pas de lien de parenté. La famille ou le ménage familial est une catégorie plus restreinte, qui peut comprendre deux ou plusieurs personnes, légalement mariées ou en union de fait, avec ou sans enfants vivant à la maison, de même que des parents seuls avec enfants vivant à la maison. Le but premier de notre rapport est de prévoir la forme que prendra l’avenir pour les familles, mais, étant donné les limitations des données, nombre de nos constats sont fondés sur des données relatives aux ménages ou aux personnes. Le rapport expose les conclusions tirées de l’analyse, de même que certains commentaires d’ordre méthodologique. Les projections présentées ont été choisies pour illustrer des questions et des tendances d’avenir, et nous nous en sommes tenus à l’examen de quelques-uns seulement des aspects les plus intéressants du futur. Nous n’avons pas essayé d’explorer d’autres tendances reliées, par exemple, à l’avenir des genres et des races au sein de la société canadienne. D’un intérêt certain, ces thèmes gagneront chacun à faire l’objet d’un rapport distinct et plus complet. Le fait est que personne ne peut concevoir une vision définitive de l’avenir, surtout à l’horizon 2026. Pour reprendre les termes d’un observateur, la seule certitude que nous ayons au sujet de l’avenir, c’est d’ignorer la forme qu’il prendra. Il est toutefois essentiel d’essayer de saisir l’orientation générale du changement; en effet, alors que tout ce que nous savons se rapporte au passé ou au présent, toutes et chacune de nos décisions auront un impact sur l’avenir. C’est dans cette optique que nous donnons un aperçu des tendances générales ainsi que de quelques particularités. Afin de restreindre l’éventail des résultats et dans un but de simplification, notre rapport se fonde sur les grandes hypothèses suivantes.
Les statistiques sur la population par âge qui décrivent la situation actuelle sont tirées de différents produits de Statistique Canada et, pour l’une des séries, de la base de données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. À la connaissance de l’auteur, les données utilisées sont les plus récentes qui soient disponibles et se rapportent à 2004 ou à 2005, sauf une, qui correspond à 1999 (valeur nette, avoirs et endettement, rubrique effet de l’âge 9). Certaines des données ont exigé des totalisations spéciales. On trouvera à la dernière page du rapport des précisions sur les sources de données. EFFET DE L’ÂGE 1 – La natalité du passé préfigure l’avenir Si l’on veut comprendre la structure d’âge à venir de la société canadienne, il faut d’abord revoir les schèmes de natalité historiques. Dans le passé, les mouvements de balancier se sont invariablement répercutés sur l’avenir, et il continuera d’en être ainsi. Le taux de fécondité des Canadiennes a monté en flèche après la Deuxième Guerre mondiale pour culminer vers la fin des années 1950, moment où en moyenne les femmes donnaient naissance à 3,9 enfants pendant leur période de procréation. Le taux a ensuite commencé à décliner, et, en 1972, a plongé sous la barre des 2,1…, soit à un niveau inférieur au seuil de remplacement. Le taux de fécondité a depuis régressé à 1,5 par femme, et l’on suppose qu’il s’en tiendra là d’ici 2026. Le nombre annuel de naissances, d’environ 350 000 en 1947, avait atteint le chiffre record de 480 000 vers 1960 pour demeurer supérieur à 350 000 au début des années 1960. Ce sont ces personnes, nées entre 1947 et 1966, qu’on désigne aujourd’hui par le terme courant de baby-boomers. Le taux de natalité devait s’effondrer pendant la période du baby-bust, de 1967 à 1979, avec un nombre de naissances particulièrement bas (340 000) enregistré en 1974. À compter de 1980 environ, les premiers baby-boomers ont commencé à avoir leurs propres enfants, qui allaient former ce qu’on appelle aujourd’hui la « génération X » ou génération de l’après baby-boom. Pendant cette période, les naissances ont rejoint un pic d’environ 400 000 par an. Le sommet de la période a été atteint en 1990, soit quelque 30 ans après le pic précédent. La projection de la population prévoit une lente augmentation des naissances, le prochain pic devant survenir vers 2020, soit 30 ans après le pic antérieur, en 1990. Les pics continuent à se succéder à une trentaine d’années d’intervalle, mais ne sont pas aussi prononcés qu’auparavant, ainsi que l’illustre la figure 1-A. Une meilleure espérance de vie et l’immigration internationale entraînent également certains déplacements, d’importance moindre, dans la structure d’âge globale. L’espérance de vie à la naissance se chiffre maintenant à 81 ans et est en hausse. L’apport annuel de l’immigration est maintenant de 260 000 personnes et il devrait atteindre les 270 000 d’ici 2026. Prises conjointement et selon la projection 3 de Statistique Canada, les hypothèses touchant la natalité, l’espérance de vie et l’immigration font entrevoir un effectif de près de 38 millions de Canadiens d’ici 2026, soit une augmentation de 17 % pendant la période de 2005 à 2026. Il s’agit là d’une projection « intermédiaire », selon des hypothèses à « moyen » terme quant aux composantes clés. Selon les six scénarios les plus plausibles de Statistique Canada, la population pourrait, en 2026, se situer quelque part entre 36 millions ou un peu moins et 40 millions d’habitants. Figure 1-A – Des schèmes de natalité instables
Figure 1-B - Une population avoisinant les 38 millions d’habitants pour 2026
EFFET DE L’ÂGE 2 – Une croissance rapide et À un certain stade, la plupart des gens quittent le foyer pour former leur propre ménage. Un ménage peut se composer d’une personne qui en est le soutien économique, d’une personne qui vit seule, ou d’une personne qui vit avec une autre personne non apparentée. Afin d’éviter de comptabiliser en double, une seule personne peut répondre à la désignation de « principal soutien économique » d’un ménage, et toutes les autres (conjoint ou conjointe et enfants) sont considérées comme des membre de ce ménage. En réalité, la plupart des ménages ont plus d’un soutien économique, puisqu’il y a partage des responsabilités. Les personnes qui vivent seules ou avec une personne non apparentée sont dites « libres ». Comme l’indique le graphique 2-A, 10 % seulement des 15 à 24 ans forment leur propre ménage aujourd’hui. Ce taux grimpe à 40 % chez les 25-34 ans et continue à monter, pour atteindre 62 % chez les 65 ans et plus. Au cours des deux dernières décennies, un plus petit nombre de personnes de moins de 45 ans ont formé leur propre ménage. Ce phénomène se remarque particulièrement chez les 25-34 ans, où le taux de formation des ménages, de 45 % en 1986, est passé à 40 % en 2005. Les membres de ce groupe demeurent plus longtemps au foyer familial que dans le passé. Selon les données du recensement de 2001, le ratio de ceux qui vivaient toujours chez leurs parents à l’âge de 25‑29 ans a quasi doublé, passant de 12 % en 1981 à 21 % en 2001. Il s’agit bien souvent d’enfants adultes qui reviennent au foyer (les « enfants boomerang »), tandis que d’autres ont pu s’intégrer à un foyer multi-générationnel. En 2001, quelque 4 % des 25-29 ans qui vivaient avec leurs parents étaient légalement mariés, séparés, divorcés ou veufs, ou avaient vécu en union libre avant leur retour au domicile parental. Ce ratio passe à plus de 20 % chez les 40-44 ans. Par contraste, les personnes de 45 ans et plus ont davantage que dans le passé des probabilités de former leur propre ménage. C’est la situation qui existe en particulier chez les 65 ans et plus. Des séparations et divorces plus nombreux et une meilleure espérance de vie joints à des périodes plus longues de veuvage expliquent ces tendances. La projection des ménages présentée ici repose sur l’hypothèse que les tendances par âge de la formation des ménages continueront à refléter les schèmes à moyen terme qu’on a observés au cours des dix dernières années. Plus précisément, on y suggère des taux en baisse pour les moins de 45 ans et des taux en hausse pour les 45 ans et plus. Ces taux ont été appliqués à la projection de la population commentée à la section précédente. Le calcul aboutit à une augmentation de 28 % du nombre des ménages de 2005 à 2026. Il est significatif que cette augmentation soit de beaucoup supérieure à celle de 17 % qui est projetée pour l’ensemble de la population. Voilà qui suggère que la taille du ménage moyen continuera à décroître à moyen terme. Les ménages comptaient en moyenne 2,9 personnes en 1986 et 2,6 personnes en 2005; notre projection fait entrevoir une moyenne de 2,4 personnes par ménage pour 2026. Figure 2-A – Les Canadiens d’âge mûr (45 ans et plus) relèveront le taux de croissance des ménages
Figure 2-B – Le nombre des ménages poursuivra son ascension
EFFET DE L’ÂGE 3 – La croissance du nombre Le graphique 3-A indique le pourcentage des membres de chaque groupe d’âge qui ont formé une famille en 1986 et en 2005. Ces chiffres englobent des familles époux-épouse, couples légalement mariés ou en union libre, et des parents seuls avec au moins un enfant au foyer. Afin d’éviter une double comptabilisation, une seule personne est considérée comme principal soutien économique du ménage. Aujourd’hui, environ 5 % des personnes de 15 à 24 ans sont le principal soutien économique d’une famille de deux personnes ou plus. Le ratio de formation des familles grimpe subitement à 27 % chez les 25-34 ans, et il poursuit son escalade pour atteindre 40 % chez les 35-44 ans. Puis la courbe s’aplatit plus ou moins jusqu’à l’âge de 65 ans, alors qu’elle chute à 34 %. Au cours des deux dernières décennies, on a vu le taux de formation des familles décliner pour tous les groupes d’âge, à l’exception de celui des 65 ans et plus. La baisse ressort le plus chez les 25-34 ans, où le ratio, qui était de 34 % il y a 20 ans, est tombé à 27 %. Ce déclin a été encore plus rapide que celui de la formation des ménages. En 1986, à peu près les trois quarts des ménages étaient des ménages familiaux chez les 25-34 ans, alors que, à l’heure actuelle, à peine plus des deux tiers des ménages sont des familles. La hausse du ratio de la formation des familles chez les 65 ans et plus reflète une part plus élevée d’unions de fait au sein de ce groupe. On compte présentement quelque 8,5 millions de familles au Canada. Ce chiffre a augmenté d’environ 28 % depuis 1986. L’augmentation du nombre de familles a été assez rapide pendant la plus grande partie de cette période, les boomers arrivant à l’âge où l’on fonde habituellement sa propre famille. En 1986, les premiers boomers avaient 39 ans et les plus jeunes 22 ans, et ils en étaient au stade de vie le plus propice à la fondation d’une famille. Selon les projections, le taux de croissance du nombre total de familles devrait ralentir considérablement au cours des deux prochaines décennies, avec une progression de 15 % seulement de 2005 à 2026. D’après ce scénario, le Canada comptera 9,7 millions de familles en 2026. Cette projection suppose le maintien des tendances à moyen terme du taux de formation des familles mis en évidence pour chaque groupe d’âge. Si, par ailleurs, le taux de formation des familles selon le groupe d’âge demeure à son niveau actuel, le nombre de familles atteindrait alors les 10,7 millions en 2026, soit un million de familles de plus. L’écart entre ces deux résultats illustreront le défi inhérent aux projections à moyen terme. Il est très important de comprendre le raisonnement sous-jacent aux hypothèses qui fondent ces projections. Il sera donc sage de considérer ces projections comme de simples indicateurs de l’orientation des tendances, et non comme une mesure précise de la composition des familles et ménages futurs. Figure 3-A – Les jeunes gens ne formeront pas un aussi grand nombre de familles
Figure 3-B – La tendance est à une croissance plus faible du nombre des familles
EFFET DE L’ÂGE 4 – Les familles époux-épouse : L’élément le plus saisissant de la projection représentée à la figure 4-A est la trajectoire résolument ascendante que dessinent les familles dont le principal soutien économique a 65 ans ou plus. En 1986, environ 860 000 familles se situaient dans ce groupe d’âge. Ce chiffre est depuis passé à 1,4 million et fera probablement plus que doubler au cours des deux prochaines décennies. La part de ces familles dans l’ensemble, actuellement de 17 %, devrait bondir à 30 % d’ici 2026. C’est l’avènement dans ce groupe des boomers vieillissants. (Voir également la figure 5-C pour la répartition des pourcentages.) Le nombre absolu des familles de 45 à 54 ans atteindra un maximum au cours des cinq prochaines années ou à peu près. Comme il fallait s’y attendre, le nombre des familles de 55 à 65 ans culminera une dizaine d’années plus tard. En fait, le nombre des familles de 45 à 54 ans sera plus faible en 2026 que maintenant, et le nombre des 55 à 65 ans sera de 38 % plus élevé, bien qu’en baisse. En 2026, le nombre des familles de 15-24 ans, 25-34 ans et 35-44 ans sera dans tous les cas redevenu inférieur à son niveau de 2005. Le déclin le plus significatif sera celui du nombre de familles de 15-24 ans, qui pourrait reculer des deux tiers. Supposant le maintien des tendances à moyen terme pour chaque groupe d’âge, le pourcentage des familles comprenant époux-épouse et, le cas échéant, leurs enfants continuera à décliner, pour s’établir à 81 % environ du total en 2026, en regard de 84 % environ aujourd’hui et de 87 % en 1986. Si les ratios actuels par âge demeurent à leurs présents niveaux, 84 % des familles devraient être du type époux-épouse en 2026. Ces résultats divergents soulignent combien il est difficile d’élaborer et de valider des projections, à tout le moins dans leur orientation générale. Il en va de même pour de nombreuses tendances d’ordre social. En l’occurrence, nous ne savons pas encore si les cohortes successives de jeunes Canadiens viendront ou non abaisser les taux de formation des familles davantage que leurs parents. Si c’était le cas, le nombre des familles pourrait être encore plus faible que ne le suggèrent les projections, et le déplacement vers de plus fortes proportions de familles monoparentales pourrait être encore plus prononcé que prévu. Il faudrait considérer notre rapport comme une esquisse de certaines orientations et de leurs répercussions probables pour un avenir à moyen terme. Cependant, le changement rapide des tendances sociales sous-jacentes suggère la nécessité de surveiller en continuiii les modalités de ces changements et d’en faire rapport sur une base régulière.
Figure 4-B – Les tendances indiquent une baisse de la part des familles époux-épouse
EFFET DE L’ÂGE 5 – Les familles : Rassemblons nos idées et tentons de discerner les composantes du phénomène. On trouvera à la page suivante des précisions sur la structure d’âge future pour l’ensemble de la population, des ménages et des familles. Ces données sont importantes, puisqu’elles forment la base des projections de niveau inférieur, aux rubriques effets de l’âge 7 à 10. Les données pourront aussi être utilisées par les lecteurs pour la préparation de leurs propres projections détaillées. La figure 5-A donne le détail de la projection démographique. La population totale des 15 ans et plus s’établit actuellement à 26,6 millions environ, avec une croissance projetée d’environ 21 % d’ici 2026. Il existe des différences tout à fait significatives entre les groupes d’âge de la population au plan des changements futurs, tant de l’orientation que de l’accroissement numérique. Ces changements découleront des schèmes de fécondité et de natalité qui ont été décrits à la rubrique effet de l’âge 1 et d’autres facteurs. Les augmentations les plus significatives se retrouveront chez les 55-64 ans (+42 %) et chez les 65 et plus (+91 %). En 2026, ces deux groupes représenteront 41 % de la population adulte, soit une hausse marquée par rapport à une part de 29 % en 2005. Il y aura effritement de la proportion de tous les autres groupes. La figure 5-B présente la projection relative au nombre des ménages, terme qui englobe les familles aussi bien que les personnes libres. Le nombre total des ménages devrait s’accroître de 28 % de 2005 à 2026. Cette hausse s’explique par le pourcentage croissant des personnes célibataires libres de 45 ans et plus qui formeront un ménage, chiffre qui l’emporte sur celui de la tendance opposée chez les personnes de moins de 45 ans. Enfin, selon la projection de la figure 5-C, le nombre des familles augmentera selon toute probabilité, pour passer de 8,5 millions en 2005 à 9,7 millions en 2026. Cette hausse de 15 % est inférieure à la moitié de la progression qui a eu lieu au cours de la période de 1986 à 2005 et elle est de beaucoup inférieure à l’accroissement du total des ménages. Le changement projeté à l’égard des familles selon le groupe d’âge comporte un éventail encore plus large. Le nombre des familles dirigées par une personne de 15 à 24 ans plongera des deux tiers environ de 2005 à 2026. À l’autre extrémité du spectre, le nombre des familles dont le principal soutien économique a 65 ans et plus doublera pendant la période visée. La part des familles dont le principal soutien économique est âgé de 65 ans et plus montera en flèche, passant de 17 % de l’ensemble des familles à 30 % en 2026. La part des familles dirigées par une personne de 55 à 64 ans progressera légèrement, tandis que les autres groupes formeront un pourcentage plus faible de l’ensemble des familles en 2026. Selon ces projections, les familles continueront à représenter un pourcentage décroissant de tous les ménages. Les familles formaient 73 % du total des ménages en 1986. Ce ratio est aujourd’hui de 70 % et pourrait reculer davantage pour s’établir à 62 % d’ici 2026. On constate donc que de plus en plus de gens continueront à vivre seuls, sans conjoint ni enfants, comme c’est déjà le cas pour un grand nombre. Figure 5-A – Projection de la population par âge
Figure 5-B – Projection des ménages par âge
Figure 5-C – Projection des familles par âge
EFFET DE L’ÂGE 6 – L’évolution de À la figure 6-A, les personnes sont classées comme étant soit célibataires, soit mariées (légalement ou en union de fait), veuves ou divorcées. Le graphique rassemble en une seule catégorie les personnes veuves et divorcées. Dans l’état actuel des choses, le pourcentage des personnes célibataires dans la population décroît généralement au fur et à mesure du vieillissement. Le pourcentage des personnes mariées est à son maximum entre 35 et 65 ans et correspond à peu près aux trois quarts de la population. Le pourcentage des personnes divorcées culmine chez les 55 à 64 ans. La part des personnes veuves augmente avec l’âge et connaît une hausse marquée chez les 65 ans et plus. Les tendances révèlent une évolution en accéléré du changement. Parmi les 25-34 ans, le nombre des célibataires a bondi, de 26 % qu’il était en 1986 à 42 % aujourd’hui. Un déplacement encore plus considérable a eu lieu dans chacun des groupes de 35-44 ans et de 45-54 ans, le ratio des célibataires ayant doublé ou presque. Le ratio n’a pas changé chez les 55-64 ans, mais a légèrement fléchi chez les 65 ans et plus. Le pourcentage des personnes mariées a sensiblement décru dans chacun des cinq premiers groupes d’âge, et le déclin a été plus notable chez les 25-34 ans, où le ratio de la nuptialité, de 71 % qu’il représentait deux décennies plus tôt, est descendu à 56 %. La plupart de ces personnes sont passées à la catégorie des célibataires. La petite hausse constatée chez les 65 ans et plus est attribuable à l’augmentation des unions de fait. Le pourcentage des personnes divorcées s’est accru chez les 45 ans et plus, a régressé dans le groupe des plus jeunes, mais est resté stable chez les 25-34 ans. Ce fait suggère que les personnes veuves et divorcées qui sont plus âgées contractent un nouveau mariage légal ou décident de vivre en union de fait. Chez les moins de 45 ans, le ratio des divorces a été plus stable, bien qu’un plus petit pourcentage de ces personnes contractent un mariage légal. Si ces tendances se maintiennent, le pourcentage de la population des 15 ans et plus qui sont mariés continuera à décroître, pour s’établir à 55 % en 2026. Rappelons aux lecteurs que les projections se fondent sur la conjonction de ratios de nuptialité fluctuants et d’une structure démographique en évolution. Supposant le maintien des tendances récentes, le pourcentage des célibataires continuera à augmenter dans la population, pour en constituer à peu près le tiers en 2026. Le pourcentage des personnes veuves et divorcées qui n’ont pas formé un nouveau couple connaîtra une hausse d’environ 13 % d’ici 2026. Si, par ailleurs, les ratios de nuptialité ne connaissaient aucun autre changement, la population compterait, en 2026, un plus faible nombre de célibataires, un nombre plus élevé de personnes mariées et un nombre légèrement plus élevé de personnes divorcées ou veuves.
Figure 6-A – Plus de jeunes gens demeureront célibataires
Figure 6-B – Beaucoup moins de personnes seront mariées en 2026
Ces projections supposent le maintien aux niveaux de 2005 de l’allocation du temps relative à chaque groupe d’âge alors que la structure d’âge continue à évoluer. Le nombre moyen d’heures qu’une personne consacre quotidiennement au travail rémunéré est actuellement de cinq heures ou plus pour chacun des trois groupes de 25-34 ans, 35-44 ans et 45-54 ans; il y a ensuite retombée spectaculaire à moins d’une demi-heure chez les 65 ans et plus. Si l’on applique la structure d’âge projetée à ces allocations, on voit le nombre total d’heures de travail se stabiliser au cours de la prochaine décennie et ne progresser que de 8 % de 2005 à 2026. Ces résultats sont analogues à ceux qu’on a obtenus à la rubrique effet de l’âge 10, où l’on assiste à une très lente augmentation des achats d’outils et d’équipements professionnels pendant la même période. Dans d’autres rapports préparés par l’auteur, il est suggéré que les pénuries de travailleurs ivdeviendront encore plus prononcées que celles que nous connaissons aujourd’hui. Selon la projection, le temps total alloué aux études et activités éducatives sera en 2026 de 4 % inférieur au pourcentage actuel. À l’échelle de la société, nous lirons davantage par agrément. Les dernières données indiquent que ce sont les 65 ans et plus qui consacrent le plus de temps à la lecture. Ce fait et l’expansion croissante de ce groupe d’âge expliquent le bond prodigieux de 45 % que décrira le temps de lecture projeté. il s’agit là de l’augmentation la plus considérable par rapport à l’ensemble des activités examinées dans la présente section, et elle est significativement supérieure à la hausse de 21 % observée chez les 15 ans et plus. Davantage de temps sera disponible pour les activités bénévoles et communautaires (+29 %) par rapport à la période de 2005 à 2026. D’autres projections indiquant une croissance supérieure à la moyenne se rapportent au temps consacré à regarder la télévision (+30 %), à la cuisine, à la lessive et à l’entretien ménager (+28 %), aux repas (+27 %) et aux achats (+26 %). La hausse projetée du temps consacré au sommeil et aux activités sociales (+21 %) ainsi qu’aux activités de loisirs (+23 %) est analogue à la croissance constatée chez les 15 ans et plus. L’assistance à des spectacles (+14 %) connaîtra sans doute une augmentation plus lente. Selon des allocations de temps courantes et la structure d’âge projetée, la somme de temps consacré aux soins aux enfants/à la garde d’enfants dans la société dans son ensemble ne progressera que de 4 % pendant la période visée. Comme on le constate à la figure 6-B, on ne prévoit aucune augmentation du nombre total d’heures consacrées aux soins aux enfants/à la garde d’enfants au cours des cinq prochaines années ou à peu près. Il y aura ensuite montée graduelle jusqu’en 2026. Ce schème reflète le freinage du nombre des naissances exposé à la rubrique effet de l’âge 1, et il se trouve confirmé par la projection des dépenses exposée à la rubrique effet de l’âge 10. Les services de garde ciblés pour ce groupe devraient devenir abordables pendant cette période et fournir la base d’une main-d’œuvre plus productive quoique de taille décroissante.7-A – On réservera moins de temps aux activités éducatives
7-B – On réservera plus de temps à la lecture et aux activités communautaires
EFFET DE L’ÂGE 8 – Il y aura probablement escalade des taux Ces projections supposent le maintien à leurs niveaux de 2005 des paramètres liés à l’âge, parallèlement à l’évolution de la structure d’âge d’ici 2026. Le bilan de la situation actuelle révèle que certains états de santé et activités liées au mode de vie diffèrent de façon significative selon le groupe d’âge, alors que d’autres n’entrent pas en jeu. Par exemple, le nombre des personnes qui sont en excellente ou très bonne santé fonctionnelle décline, passant de plus de 80 % pour les moins de 45 ans à 62 % seulement pour les 65 ans et plus. Par contraste, il y a peu de variations dans le pourcentage des personnes de chaque groupe d’âge qui consomment quotidiennement la quantité préconisée de fruits et légumes. Facteurs positifs – Selon ces projections, le nombre de buveurs irréguliers (consommation occasionnelle excessive d’alcool) augmentera de 8 % « uniquement » pendant les deux décennies à venir, soit moins de la moitié du taux d’accroissement de l’ensemble de la population. L’augmentation du nombre de fumeurs (+13 %) et même du nombre de personnes qui déclarent subir un stress notable dans la vie quotidienne (+14 %) sera également moindre que celle de l’ensemble de la population. La plupart de ces projections sont tributaires du faible accroissement ou même du déclin du nombre des personnes les plus susceptibles de présenter ces états ou de s’adonner à ces activités. Facteurs négatifs – Le nombre des nouveaux cas de cancer pourra exploser, c’est-à-dire connaître une hausse des deux tiers (+62 %) de 2005 à 2026, soit d’environ trois fois le taux d’accroissement de la population totale. Le nombre des personnes souffrant d’hypertension artérielle augmentera de moitié et celui des personnes éprouvant des malaises et des douleurs qui entravent leurs activités quotidiennes pourrait s’accroître du tiers environ pendant la période. Ces exemples ne font qu’illustrer le tableau d’ensemble de l’évolution de l’état de santé de la population au fur et à mesure de son vieillissement général. La plupart des indicateurs du tableau qui suit se fondent sur des autoévaluations, lesquelles devraient être interprétées avec prudence. Ainsi, selon des autoévaluations, quelque 46 % d’entre nous prétendent avoir un poids normal. Ce pourcentage diffère de celui, beaucoup plus bas, des 39 % d’entre nous qui, mesures à l’appui, ont effectivement un poids normal. L’écart le plus marqué se retrouve chez les personnes de 45 ans et plus, où le pourcentage des personnes qui se classent dans la catégorie dite « normale » est inférieur du tiers environ à celui des auteurs d’autoévaluations. Sur la base des mensurations, l’augmentation projetée du nombre de personnes ayant un poids normal sera d’environ 16 % ou moins du taux de l’accroissement démographique. Une foule de Canadiens âgés refusent sans doute de prendre conscience de leur excès pondéral et, tout probablement d’autres problèmes de santé. L’auteur a également mis au point une projection selon l’âge du total des dépenses en soins de santé à l’égard des gouvernements et à l’égard des personnes. Les dernières données indiquent que le total des dépenses au chapitre de la santé chez les 75 à 84 ans est d’environ six fois plus élevé que chez les moins de 45 ans. Si l’on se fie uniquement à l’évolution de la structure d’âge, cette projection suggère que le total des dépenses de santé en chiffres réels pourrait connaître une augmentation de 55 % environ de 2005 à 2026. Ce chiffre représente plus de trois fois le taux d’accroissement projeté de l’ensemble de la population. En d’autres termes, si nous continuons à nous comporter de la même façon qu’aujourd’hui, nous devrons assumer ces coûts plus élevés. Si, par ailleurs, nous tenons compte de tous les avertissements concernant la santé, améliorons notre régime alimentaire et faisons davantage d’exercice, nous pourrons retarder l’apparition de ces pathologies et, par conséquent, abaisser le taux global de croissance de ces coûts.
Figure 8-A – L’état de santé et le mode de vie varieront selon l’âge
Figure 8-B – Des problèmes de santé inquiétants se profilent à l’horizon
EFFET DE L’ÂGE 9 - Les revenus seront à la baisse, Généralement, les ménages qui ont les revenus les plus élevés (66 000 $ après impôts) ont pour soutien économique principal une personne de 45 à 54 ans. Cette situation s’explique du fait que ce groupe affiche un nombre plus élevé d’années d’expérience et de meilleurs niveaux de participation au marché du travail. Dans les ménages époux-épouse, 35 % environ comprennent deux soutiens économiques à temps plein ou plusv, 36 % environ des épouses travaillant à temps plein. Les ménages dirigés par un adulte de moins de 25 ans ont un revenu moyen de 37 000 $. Dans ce groupe d’âge, il y a moins de familles à double revenu (17 %) et moins de travailleurs à temps plein que dans tous les autres groupes d’âge de moins de 65 ans. Les revenus les plus faibles (33 000 $) se retrouvent chez les ménages de 65 et plus, dont 3 % seulement sont des familles à deux soutiens économiques et chez lesquels 3 % seulement des époux et épouses travaillent à temps plein. En alliant la structure d’âge projetée pour les ménages à l’hypothèse du maintien aux niveaux de 2004 des revenus par ménage selon le groupe d’âge, la moyenne des revenus tous ménages confondus aura tendance à décliner de 5 % environ de 2005 à 2026. Ce phénomène est principalement attribuable à la proportion croissante des boomers vieillissants qui commenceront à prendre leur retraite ou, s’ils travaillent encore, à toucher un plus faible revenu d’emploi. Et, maintenant, quelle est la bonne surprise? Le tableau montre clairement que le niveau moyen d’endettement connaît une forte baisse avec l’âge. En fonction de données quelque peu périmées (mais qui sont les dernières disponibles selon le groupe d’âgevi), l’endettement moyen maximum s’établit à un peu plus de 50 000 $ pour les ménages de 35 à 44 ans et de 45 à 54 ans. Ce niveau fléchit alors pour se situer à 30 000 $ chez les 55 à 64 ans et à 7 000 $ seulement chez les 65 ans et plus. En se fondant sur ces chiffres, la méthode de projection suggère que le niveau moyen d’endettement des ménages est susceptible de décroître considérablement (-14 %) pendant la période visée. En combinaison avec une augmentation de 7 % des avoirs, la valeur nette moyenne par ménage augmentera probablement d’environ 8 % au cours de la période de 2005 à 2026. Les tendances mises en évidence ici doivent être considérées dans la perspective de l’ensemble des ménages. Sans égard à la tendance globale, les 35 à 54 ans continueront à assumer le niveau d’endettement le plus élevé. Ces ménages, qui sont les plus endettés, pourront cependant tirer avantage d’une éventuelle baisse des taux d’intérêt si la demande globale de prêts déclinait effectivement avec le vieillissement de la population. Si l’on adopte la même approche en ce qui concerne le logement tout en tirant parti de l’effet âge, on constate les tendances suivantes : le nombre moyen de pièces par habitation fléchira quelque peu (pour se fixer à 6 pièces) d’ici 2026; le pourcentage des ménages qui sont propriétaires de leur maison s’élèvera (jusqu’à 69 %); le pourcentage des propriétaires ayant une hypothèque décroîtra (jusqu’à 48 %); enfin, la propriété d’un véhicule pourrait subir un léger déclin (pour s’établir à 83 %).
Figure 9-A - Les taux de propriété du domicile devraient augmenter en raison de l’effet âge
Figure 9-B – L’endettement moyen devrait décliner
Le niveau moyen des dépenses par ménage varie considérablement, selon l’âge du soutien économique. Quant aux dépenses totales par an, ce sont les ménages de 45 à 54 ans qui dépensent le plus (55 400 $), et les ménages de 65 ans et plus qui dépensent le moins (28 400 $). Les variations sont encore plus marquées si l’on considère le produit ou le service. Certaines dépenses, telles que les dons en espèces et l’entretien, vont d’un modeste 70 $ pour les jeunes ménages jusqu’à 1 600 $ pour les ménages de 65 ans et plus. Par contraste, les jeunes ménages de 25 à 34 ans consacrent en moyenne environ 700 $ par an à la garde d’enfants, tandis que cette dépense n’existe pas chez les aînés. (Notons que les dépenses figurant au tableau sont des moyennes incluant les ménages qui font ces achats et ceux qui ne les font pas. Le coût annuel moyen de la garde d’enfants se chiffre à près de 2 700 $ pour le quart environ des ménages de 25 à 34 ans qui assument cette dépense.) Certains articles, tels que les boissons alcoolisées achetées au magasin, correspondent à un schème de dépenses plus uniforme dans tous les groupes d’âge. Les projections supposent l’évolution continue de la structure d’âge des ménages de même que le maintien aux niveaux de 2004 des dépenses moyennes en dollars par groupe d’âge. Cette hypothèse aboutit à une augmentation projetée de 21 % pour les dépenses totales des ménages de 2005 à 2026. L’augmentation totale est en réalité moindre que l’accroissement projeté du nombre total des ménages. Cela signifie que les dépenses moyennes par ménage auront tendance à décliner de 6 % environ pendant la période. Voilà qui concorde avec la tendance au déclin du revenu moyen que nous avons commentée à la rubrique effet de l’âge 9. Il existe des projections à l’égard de plus de 325 dépenses distinctes. Nous n’en avons retenu que quelques-unes aux fins du présent rapport, afin de représenter des éléments à croissance lente, moyenne et rapide. Les taux de croissance les plus rapides qui sont prévus correspondent aux dons en espèces et à l’entretien, aux dépenses funéraires (+58 %), aux frais de bingo (+47 %) et aux frais d’administration financière (+46 %). On prévoit au poste de l’achat de journaux une progression de 40 %, ce qui concorde avec la forte augmentation du temps de lecture constatée à la rubrique effet de l’âge 7. À l’autre extrémité du spectre, les contributions nettes aux régimes REER devraient baisser de 5 %, et les montants consacrés à divers articles destinés aux enfants devraient également diminuer de 2005 à 2026. Comme l’indique le graphique, les montants consacrés à la garde d’enfants pourraient décroître au cours de la prochaine décennie, puis connaître une légère remontée. Cette tendance concorde avec le nombre de naissances prévu à la rubrique effet de l’âge 1. Les montants correspondant à l’achat d’outils et d’équipements professionnels atteindront leur sommet au cours de la prochaine décennie, puisque les gens consacreront moins de temps à des activités liées au travail, tel que projeté à la rubrique effet de l’âge 7. En moyenne et selon les projections, les paiements d’impôts sur le revenu devraient augmenter de 18 % environ pendant la période. Ce pourcentage d'augmentation est légèrement plus élevé que celui de la population totale (+17 %), mais beaucoup plus faible que le taux de croissance projeté pour de nombreuses dépenses liées à l’âge, notamment aux chapitres de la santé et des régimes de retraite.
Figure 10-A – L’augmentation des dépenses futures, fourchette générale
Figure 10-B – Les contributions nettes aux REER devraient décroître
La plus grande partie de notre rapport a été descriptive, puisque nous avons exposé la situation actuelle, les tendances à moyen terme et les projections relatives aux deux prochaines décennies. Selon le point de vue et la perspective que privilégie le lecteur, les répercussions à venir du phénomène étudié pour les familles et les ménages devraient maintenant lui apparaître plus clairement qu’avant la lecture du rapport. Dans un sens plus général, un certain nombre d’enjeux à large portée représenteront pour la société soit des défis, soit des opportunités.
Ce ne sont là que quelques-unes des problématiques que nous devrons affronter au cours des dix ou vingt prochaines années, au fur et à mesure que nous nous adaptons à la vie dans un Canada vieillissant et aux défis de sa transformation. Comme nous l’avons énoncé dans l’introduction du rapport, les décisions prises en privé par les individus quant à la formation et au maintien de leurs familles et ménages sont, en fin de compte, les déterminants clés des priorités nationales. Ceux qui produisent et commercialisent les biens et services savent très bien que la formation des ménages est l’un des grands moteurs de la croissance et de la prospérité économiques. Nous pouvons dès aujourd’hui prévoir certains des changements significatifs que connaîtront les taux de formation des familles et ménages. Les biens et services à l’égard desquels la demande connaîtra la croissance la plus marquée à court ou à moyen terme seront tout à fait différents de ceux qui ont polarisé l’économie ces dernières années. Nous avons montré que les besoins et aspirations des gens changent de façon radicale avec l’âge… C’est à nous tous qu’il reviendra de veiller au partage équitable des ressources collectives. L’avenir à moyen terme est proche; aussi est-il temps de commencer dès aujourd’hui, lors de nos prises de décisions tant privées que publiques, à tenir compte de cet avenir …, dont les contours se précisent déjà. C’est vers ce même avenir que nous nous dirigeons à grands pas. Commentaires sur la méthodologie et les sources de données Effet de l’âge 1
Effets de l’âge 2, 3, 4 et 5
Effet de l’âge 6
Effets de l’âge 7, 8, 9 et 10
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