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Traits de familles

L'état actuel du budget de la famille canadienne

Rapport 2004

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TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION ET NOTE TECHNIQUE

Nous revoilà! Ce sixième rapport annuel fait le point sur l'état actuel du budget des familles et des ménages. Il examine le revenu, les dépenses, l'épargne et la valeur nette par catégorie de famille et de ménage. À en juger par la réaction positive suscitée par les rapports antérieurs, les particuliers, les familles, les gouvernements, le milieu des affaires, les syndicats, les médias et beaucoup d'autres organisations veulent et ont besoin d'en connaître davantage sur la situation financière des familles. Ils désirent aussi avoir une perspective générale de la situation. Ce rapport s'affirme peu à peu comme un document de base tant pour le grand public que pour les chercheurs. Certaines de ses conclusions se retrouvent maintenant dans des manuels.

Le rapport porte essentiellement sur les familles, mais les indicateurs familiaux les plus récents ne vont pas au-delà de 2002. Nous disposons d'information beaucoup plus ponctuelle pour l'ensemble du secteur domestique et dont nous nous sommes servis pour fournir nombre des estimations concernant tous les ménages jusqu'en 2004. Les estimations de 2004 sont basées sur les neufs premiers mois de l'année. Les ménages comprennent les familles et les individus libres de liens familiaux. Les ménages familiaux représentent environ les deux tiers de tous les ménages. Les tendances récentes observées dans les ménages donnent une bonne idée de ce qui se passe dans les familles. Les estimations concernant les particuliers, pour ce que l'on appelle le revenu personnel disponible, ont été calculées après les transferts publics et l'impôt sur le revenu. Il en est de même pour les mesures du revenu familial.

Pour mieux comprendre les résultats et leur pertinence, toutes les mesures ont été converties selon la notion « par ménage » et « par famille ». Toutes les estimations sont présentées en dollars de 2002, et reflètent par conséquent l'évolution réelle du pouvoir d'achat après inflation sur plusieurs années. L'expression « réel » réfère à ce qui serait arrivé sans inflation. Les mesures incorporent les mises à jour et toute révision récente effectuées par Statistique Canada.

Cette année, l'analyse couvre principalement la période de 1980 à 2004, en particulier les trois dernières années se terminant en 2002, 2003 ou 2004, selon la série de données. L'année 1980 a été choisie comme le point de départ pour souligner les changements à long terme survenus pendant un quart de siècle et parce que la série de données sur le revenu des familles est disponible depuis 1980. La plupart des graphiques couvrent chaque année à partir de 1980 jusqu'à la plus récente année. Le Tableau 3 fait exception et porte sur les actifs et la dette, car les données comparables ne remontent qu'à 1990. Les tableaux à but particulier et les annexes indiquent l'ensemble des changements survenus pour toute la période et chacune des trois dernières années. Les cellules ombrées des tableaux mettent en exergue la détérioration ou les baisses survenues pour certains indicateurs. Les lecteurs sont encouragés à examiner les tableaux A et B en annexe pour un aperçu plus détaillé des changements vécus par différents genres de famille et de ménage.

La quasi-totalité des données de base provient de Statistique Canada. Tous les calculs additionnels sont de l'auteur et la responsabilité de toute erreur ou omission lui incombe.

Roger Sauvé, People Patterns Consulting, peut être joint par téléphone au (613) 931-2476, par courriel à peoplepatternsconsulting@sympatico.ca, ou sur son site Web à www.peoplepatternsconsulting.com.

POINTS SAILLANTS DU RAPPORT 2004 - Bon, sans plus

Février 2005

  • LES REVENUS RÉELS STAGNENT- Les revenus des ménages sont demeurés, en moyenne, près du niveau de 54 000 $ pendant quatre années consécutives jusqu'en 2004. En clair, l'amorce de gains chez les ménages en 1997 a cessé en 2001 sans bouger d'un iota jusqu'à présent. Il n'y a pas de récession, mais pas de quoi pavoiser non plus.
  • LA BAISSE DES IMPÔTS A SAUVÉ LA MISE - La réduction des impôts a contribué au léger gain constaté dans le revenu familial (familles de deux personnes ou plus) en 2002 sur leur revenu après impôt. Cela malgré une contraction des revenus marchands et un léger recul dans les transferts publics. Le moment n'aurait pu être mieux choisi.
  • LA PAUVRETÉ CHEZ LES ENFANTS À SON PLUS BAS NIVEAU EN 25 ANS -Bien que 702 000 enfants de moins de 18 ans vivent encore dans la pauvreté, ils représentent le plus faible nombre enregistré en 25 ans, depuis l'existence de cet indicateur. Les choses vont mieux, mais beaucoup de chemin reste à parcourir.
  • LES TAUX D'ÉPARGNE SONT TOMBÉS À ZÉRO - Il y a une vingtaine d'années, le ménage typique épargnait environ 20 % de son revenu disponible après impôt pour les temps difficiles ou, plus probablement, pour un épisode de chômage, un achat majeur, l'éducation d'un enfant ou la retraite. Le taux d'épargne est tombé à zéro au troisième trimestre de 2004. Une institution financière prévoit que les taux d'épargne deviendront négatifs pour l'ensemble de 2005 et 2006. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, même si cela alimente les dépenses et maintient la vigueur de l'économie. On a enregistré une épargne négative chez les ménages dans la moitié des provinces en 2003, la Colombie-Britannique tenant le haut du pavé avec un taux de -6 %.
  • ENDETTEMENT ACCRU - La dette totale des ménages équivaut maintenant à 121 % du revenu disponible par rapport à 86 % en 1980. La dette hypothécaire et la dette à la consommation équivalent maintenant à 105 % du revenu disponible comparativement à 74 % en 1980. Les bas taux d'intérêts historiques ont permis à la plupart de continuer à rembourser leurs dettes… mais ce n'est certainement pas le cas pour tout le monde. La hausse des taux d'intérêt va causer plus de problèmes aux personnes qui éprouvent déjà de la difficulté à rembourser leur dette. L'amélioration des marchés immobiliers et des actions a maintenu l'emprunt à un niveau acceptable par rapport à la valeur nette.
  • LES FAILLITES DEMEURENT PRÈS DE SOMMETS RECORDS - Un peu moins de 84 000 personnes ont fait faillite en 2004, soit près du record atteint en 1997. Sur le long terme, les provinces de l'Atlantique ont connu de fortes augmentations du nombre de faillites.

SUPPLÉMENT SPÉCIAL - Réalité générationnelle

DEUX DÉCENNIES PERDUES!

  • Les revenus d'emploi chez les familles plus jeunes ont stagné pendant près de deux décennies entières malgré l'accroissement des heures travaillées par couple. Il y a eu certaines améliorations au cours des dernières années.
  • Les taux d'accession à la propriété ont reculé pour tous les ménages de tous les groupes d'âge, à l'exception de ceux de 55 ans et plus.
  • La valeur nette a décliné chez tous les ménages de moins de 55 ans.
  • Les taux de pauvreté ont bondi chez les groupes de ménages les plus jeunes mais chuté chez les groupes les plus âgés.

Les revenus des ménages stagnent depuis les quatre dernières années

Le Graphique 1 présente la mesure la plus globale des revenus moyens du ménage (familles et individus libres de liens familiaux). Cette mesure intervient après tous les transferts publics et l'impôt sur le revenu et s'exprime en termes de pouvoir d'achat réel.

Le graphique est calculé à partir des Comptes nationaux publiés tous les trimestres. Selon les données préliminaires des trois premiers trimestres de l'année, il apparaît que le revenu moyen des ménages se situait à 54 300 $ en 2004, soit à peu près au même niveau qu'en 2001. Cette évaluation ponctuelle indique clairement que les revenus d'emploi moyens des ménages ont stagné ou, plus précisément ont marqué un coup d'arrêt au cours des dernières années.

Cette conclusion conforte les tendances observées ces dernières années et les conclusions tirées dans les précédents rapports. La stagnation actuelle dans les revenus fait suite à une reprise substantielle par rapport aux planchers atteints en 1996 et, même dans ce cas, les revenus moyens des ménages demeurent tout juste à leur niveau de 1989. Ces revenus n'ont progressé que de 2 000 $ en 25 ans, soit d'un minuscule 3,8 %. Comme nous le constaterons, cela est bien inférieur aux accroissements des dépenses.

Revenus moyens par ménage (familles et individus libres de liens familiaux) après transferts publics et impôt en dollars constants de 2002

Un autre indicateur utile concernant le revenu est contenu dans la collection Le revenu au Canada, publiée par Statistique Canada. En se fondant sur cette mesure d'évaluation moins ponctuelle, il est aussi évident que les revenus ont progressé par rapport à leur creux de 1996.Cette estimation indique que le revenu des ménages (familles et individus libres de liens familiaux) s'est accru de 0,8 % seulement pour atteindre 49 400 $ en 2002 par rapport à un bond de 4,9 % en 2001. Nous avons peut-être atteint un nouveau plateau. Cette seconde mesure est compatible avec l'information détaillée contenue dans les tableaux A et B en annexe. Nous aimons utiliser cette collection moins ponctuelle, car elle est la seule qui nous permet de fournir de l'information au sujet de comment différents genres de famille se débrouillent sur le plan financier.

La baisse de l'impôt sur le revenu a sauvé la mise pour les familles en 2001 et 2002

Le plafonnage des revenus, en particulier pour les familles, aurait été bien pire s'il n'y avait pas eu d'importantes réductions d'impôts en 2001 et 2002.

Le Tableau 1, qui traite exclusivement des familles de deux personnes ou plus, révèle que les revenus marchands par famille se sont légèrement repliés (-0,2 %) en 2002. (Tel qu'indiqué dans nos précédents rapports, les gains horaires moyens font du surplace ou reculent depuis près de dix ans.) Les transferts publics aux familles ont aussi diminué (-1,4 %) en 2002. Ces transferts aux familles ont représenté exactement 10 % des revenus totaux en 2002. La combinaison de ces données a résulté en un léger repli (-0,3 %) des revenus totaux en argent par famille.

Les revenus totaux en argent se contractaient en même temps que l'impôt moyen payé par famille. L'impôt sur le revenu a connu une baisse importante de 7 % en 2001, puis de 2,3 % en 2002. Cet impôt, en tant que part du revenu total, a diminué pour la seconde année consécutive et se situait à 17,4 % des revenus totaux en 2002.

Le revenu familial net, après transferts publics et impôt, a progressé légèrement de 0,3 % en 2002.

De 1980 à 2004, les transferts publics par famille ont progressé en moyenne de 46 %, tandis que l'impôt sur le revenu n'a augmenté « que » de 31 % en moyenne, abstraction faite de l'inflation.

TABLEAU 1 Déterminants du revenu familial moyen (deux personnes ou plus) en dollars constants de 2002
(Voir annexes A et B pour plus de détails)
Les cellules ombrées indiquent les périodes de contraction des revenus, des transferts ou de relèvement de l'impôt sur le revenu)
 ( Perspective à long terme (1980-2002)Perspective à court terme ( 3 ans)
Revenu en $ en 2002% du changement pendant certaines périodes
198020022002e
/1980
2000
/1999
2001
/2000
2002
/2001
Revenu MARCHAND (gains, etc.) 58 200 $65 900 $13,24,42,2-0,2
PLUS transferts publics aux familles5 000 $7 300 $46,0-2,85,7-1,4
ÉGALE revenus totaux en argent63 200 $73 200 $15,83,62,5-0,3
MOINS impôt sur le revenu9 800 $12 800 $30,66,0-7,1-2,3
ÉGALE revenu après impôt 53 400 $60 500 $13,33,24,70,3
% des ratios de transfert aux familles et impôt sur le revenu par rapport aux revenus totaux en argent - changement en points de pourcentage (pp)
% des transferts publics par rapport au revenu total 7,9 %10,0 %2,1pp-0,7pp+0,3pp-0,1pp
% de l'impôt par rapport au revenu total 15,4 %17,4 %2,0pp0,3pp-1,8pp-0,4pp
Source : People Patterns Consulting, selon les données de Statistique Canada

Variations du revenu selon le genre de famille - En hausse chez les personnes âgées mariées, en baisse parmi les mères seules

En 2002, le revenu moyen chez les couples de personnes âgées mariées s'est amélioré de 1,2 % pour la deuxième année consécutive à l'instar des revenus des couples avec enfants (+0,9 %) et des pères seuls (+2,2 %). Les revenus des couples sans enfants ont reculé (-0,5 %) et ont plus fortement baissé chez les mères seules (-5,2 %). Il faut souligner que les revenus moyens des mères seules avaient connu une forte progression au cours des deux années précédentes. Le revenu moyen de tous les individus libres de liens familiaux a augmenté de 2,4 % en 2002, les gains les plus importants ayant été enregistrés parmi les femmes de ce groupe (+5,4 %) âgées de moins de 65 ans.

Revenu familial moyen après transferts publics et impôt en dollars constants de 2002

L'Annexe A présente les mesures de revenu familial par province. En 2002, le revenu familial moyen s'est accru dans 8 provinces sur 10. La plus forte progression a été enregistrée au Manitoba (+3,6 %) tandis que l'Alberta a connu la plus forte baisse (-2 %). Le recul en Alberta fait suite à deux années de fortes hausses. Sur la plus longue période de 1980 à 2002, les plus importantes améliorations sont intervenues en Ontario (+19,8 %), en Nouvelle-Écosse (+16,5 %) et au Nouveau-Brunswick (+15,8 %) tandis que les plus faibles gains ont été enregistrés en Colombie-Britannique (+2 %) et en Saskatchewan (+2,7 %).

La pauvreté chez les enfants à son plus bas en plus de vingt ans

En 2002, environ 702 000 enfants de moins de 18 ans vivaient dans des familles à faible revenu (pauvreté). Ce chiffre est bien loin de la promesse d'éliminer la pauvreté chez les enfants. Cependant, ce nombre est le plus faible de la période 1980-2002 et il en est de même pour le taux de pauvreté chez les enfants (10,2 %). Les choses s'améliorent, mais il reste un long chemin à parcourir.

Les pires années pour la pauvreté chez les enfants ont été 1995, 1996 et 1997. On dénombrait alors 1,1 million d'enfants pauvres à chacune de ces années et le chiffre a bondi à plus de 16 % pendant les trois années suivantes.

En 2002, les statistiques et les taux de pauvreté ont augmenté légèrement chez les 18 à 64 ans (1,9 million ou 9,7 %) et chez les 65 ans et plus (260 000 ou 6,9 %). Le taux chez les deux groupes a atteint un plancher record (6,3 % parmi les 65 ans et plus) et près de leur creux historique (chez les 18-64 ans) en 2001.

Voir l'Annexe B pour un aperçu plus complet de la pauvreté selon le genre de famille ou d'individu libre de liens familiaux. En 2002, plus du tiers (35 %) des mères seules vivaient dans la pauvreté et près du tiers (31 %) des femmes libres de liens familiaux et âgées de moins de 65 ans vivaient dans la pauvreté. Les moins susceptibles de vivre dans la pauvreté étaient les couples de personnes âgées mariées, car moins de 2 % d'entre eux étaient pauvres.

Personnes à faible revenu (pauvreté) après transferts publics et impôt

Peu de couples à deux revenus (2,3 %) sans enfants et de couples à deux revenus avec enfants (3 %) ont basculé sous le seuil de la pauvreté en 2002. Le taux pour les couples sans enfants est trois fois plus élevé (à 8,4 %) lorsqu'il n'y a qu'un soutien économique tandis que celui des couples mariés avec enfants a quintuplé (à 15 %) s'il ne compte qu'un salarié. Les lecteurs voudront bien consulter le rapport de l'année dernière (encore affiché sur le site Web de l'Institut Vanier de la famille) qui a conclu que les tendances salariales actuelles ont conduit un plus grand nombre de familles - en particulier celles avec enfants - au bord du
« gouffre » financier et créé des familles « bourreaux » du travail où plus de parents travaillent non pas par volonté mais par obligation.

Le régime fiscal réduit la pauvreté

En 2002, on comptait 34 % moins d'enfants pauvres après impôt comparativement à avant impôt. L'impact bénéfique pour les enfants a été particulièrement important au cours des quelque cinq dernières années. L'amélioration est peut-être due à la bonification des crédits d'impôts pour enfants et à d'autres mesures fiscales.

Le régime fiscal a une plus grande répercussion sur le taux de pauvreté parmi les personnes âgées de 65 ans et plus et cette tendance s'accentue avec le temps. En 2002, il y avait 54 % moins de personnes âgées vivant dans la pauvreté en fonction du revenu après impôt comparativement au revenu avant impôt.

L'incidence fiscale (-25 %) est beaucoup moindre chez les 18 à 64 ans et ne s'est pas améliorée avec le temps.

% de réduction chez les personnes à faible revenu (pauvreté) après et avant impôt

Même avec ces améliorations, les familles du quintile supérieur composées de deux personnes ou plus ont 5,2 fois plus de revenus après impôt que les familles du quintile inférieur, ce qui est fondamentalement identique à la situation de 1980.

Proportion du revenu après transferts publics et impôt des familles du quintile supérieur de deux personnes ou plus comme un ratio de celle du quintile inférieur

Paralysie financière? Le taux d'épargne atteint un plancher record et pourrait même baisser davantage

Le Graphique 1 montre clairement que les gains de revenus réels par ménage ont complètement cessé ces dernières années. À l'inverse, les dépenses des ménages continuent de grimper d'environ 2 % par an. La raison tient en partie au fait qu'un nombre croissant de ménages n'essaient plus d'épargner. De juillet à septembre 2004, le taux d'épargne personnel était de zéro. Il faut remonter à 1936 i ou durant la Crise de 1929 pour voir un niveau d'épargne aussi bas.

% du taux d'épargne annuel du ménage par rapport au revenu personnel disponible après transferts publics et impôt

Les retraits à même le régime enregistré d'épargne retraite (REÉR) peuvent servir d'indicateur de difficultés financières. Chez les 20 à 59 ans, le taux de retrait du REÉR a presque doublé ii (+76 %) de 1993 à 2001 tandis que le nombre de cotisants s'est accru d'un maigre 18 %.

Les causes et les conséquences de cette chute majeure dans les épargnes font l'objet d'un débat grandissant et pas encore concluant.

Je pense pour ma part que la stagnation et le déclin dans les gains horaires constituent la principale source du problème. Un nombre accru de personnes travaillent et de plus en plus de familles travaillent de plus longues heures, mais sans pouvoir joindre les deux bouts.

Pour certains analystes, la baisse des taux d'épargne prouve que les ménages sont confiants pour leur sécurité d'emploi et que le deuxième soutien économique apportera le revenu de remplacement en cas de chômage… alors ils continuent de dépenser. Pour d'autres, l'appréciation des prix dans l'immobilier et l'amélioration des marchés boursiers font que les familles se sentent riches, ce qui est vrai pour certaines d'entre elles… alors elles continuent de dépenser. D'autres estiment que les faibles taux d'intérêt font que le rendement de l'épargne ne vaut pas la peine tandis que les coûts d'emprunt sont très bas… alors ils continuent de dépenser. Un rapport publié en décembre 2004 par le Groupe financier Banque Royaleiii prévoit que le taux d'épargne personnel sera négatif en 2005 et 2006. Une autre prévision effectuée en décembre par le Groupe financier Banque TDiv estime que le taux d'épargne se situera à près de 1 % en 2005 et 2006. Alors, il semble que les ménages continueront de dépenser.

Paul Farrellv donne une interprétation plus pessimiste voulant que 80 % des Américains soient « paralysés ». Selon lui, ils ont privilégié des solutions à court terme inefficaces. Ils ne se rendent même pas compte qu'ils ont besoin d'aide, ou plus probablement, selon l'étude du Guardian, ils ne savent pas quoi faire de l'aide qui leur est déjà disponible. Malheureusement, cette paralysie les a rendus incapables de changer. Les 20 % restants ne veulent pas ou n'ont pas besoin de beaucoup d'aide.

Épargne négative plus évidente en Colombie-Britannique et en Saskatchewan

La pression financière sur les ménages et les familles varie grandement selon la province. En 2003, les ménages de l'Alberta ont épargné en moyenne 4,2 % de leur revenu disponible, tandis que ceux de l'Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick ont économisé entre 2 et 3 %. Les Manitobains ont eu une épargne presque nulle. Dans près de la moitié des provinces, les épargnes ont été négatives… en d'autres mots, ils ont dépensé plus qu'ils n'ont gagné après impôt.

La situation de la Colombie-Britannique pourrait être préoccupante en raison de son taux d'épargne négatif record de 6,1 % en 2003. Cette donnée fait suite à un taux négatif de 3,9 % en 2002 et de 2,2 % en 2001. Le taux d'épargne personnel est négatif en Colombie-Britannique depuis sept ans et la situation empire. En Saskatchewan, le taux d'épargne a été négatif au cours des quatre dernières années.

% du taux d'épargne annuel des ménages par rapport au revenu personnel disponible après transferts publics et impôt, selon la province, 2003

Les deux tiers des familles manquent d'argent à la fin de l'année

Les concepts sont quelque peu différents, mais d'après les calculsvi effectués pour Profil des familles canadiennes III, les ménages du quintile inférieur ont dépensé environ 2 300 $ de plus qu'ils n'ont gagné en 2002. Les ménages du quintile médian-inférieur ont eu un manque à gagner de 2 600 $ tandis que ceux du quintile médian étaient dans le rouge de 1 100 $. En clair, quelque 60 % des ménages ont emprunté ou puisé dans leurs épargnes en 2002 pour subvenir à leurs besoins. Les ménages du quintile médian-supérieur ont pu épargner 2 830 $, tandis que l'excédent des ménages du quintile supérieur frisait 16 000 $. Ces données prouvent que beaucoup de familles et de ménages du Canada font face à de très graves difficultés financières.

Selon une enquêtevii récemment menée par Ipsos, 75 % des Canadiens ont moins de l'équivalent de trois mois d'épargne en banque tandis que 42 % de Canadiens admettent ne pas avoir d'argent de côté pour les temps difficiles.

Dépenser plus pour presque tout

Au cours des dernières années, les plus importantes hausses de dépenses sont survenues au niveau des biens et services (mobilier, articles d'ameublement, équipement et fonctionnement) et étaient en hausse de 5,6 % en 2004, après des progressions d'environ 3 % à chacune des deux années précédentes. On a aussi noté de fortes hausses de dépenses pour les soins médicaux et les services de santé qui ont grimpé d'environ 4 % en termes réels au cours des trois dernières année. Les augmentations les plus notables ont touché les médicaments et les produits pharmaceutiques qui ont bondi de 7 % dans chacune des trois dernières années.

Sur une plus longue période, de 1980 à 2004, les dépenses totales ont progressé d'environ 29 % par ménage tandis que les revenus après impôt par ménage n'ont augmenté que d'un minuscule 4 % (voir Graphique 1).

Les bonds les plus importants (+108 %) dans les dépenses de 1980 à 2004, se sont manifestés dans les secteurs des loisirs, du divertissement ainsi que des services éducationnels et culturels. Les dépenses pour les soins médicaux et les services de santé ont grimpé de 69 % au cours de la même période.

Les dépenses relatives à la nourriture, aux boissons et produits du tabac ont fondu de 16 % de 1980 à 2004. Celles concernant les vêtements et les chaussures ont avancé d'un peu moins de 10 % au cours de la même période.

TABLEAU 2 - Dépenses moyennes par ménage en dollars constants de 2002
Les ménages comprennent les familles et les individus libres de liens familiaux
(Les cellules ombrées représentent les périodes de contraction des dépenses)
 Perspective à long terme (1980-2004) Plus récentes perspectives triennales
Dépenses en $ de 2002% du changement pendant certaines périodes
19802004e 2004e
/1980
2002
/2001
2003
/2002
2004e
/2003
DÉPENSES TOTALES41 576 $53 695 $28,92,21,9 2,0
Principales catégories
Nourriture, boissons et produits du tabac 7 711 $ 6 514 $ -15,5 -0,1 0,1 0,6
Vêtements et chaussures2 426 $ 2 648 $ 9,2 2,6 2,2 3,5
Loyer brut, combustible et électricité9 428 $ 12 137 $ 28,7 2,0 2,2 1,5
Mobilier, articles d'ameublement, équipement et fonctionnement3 717 $4 717 $26,93,62,85,6
Soins médicaux et services de santé1 652 $2 782 $68,54,33,84,4
Transport et communications6 565 $8 486 $29,24,4 -0,7 -1,6
Loisirs, divertissement, éducation, culture 3 025 $ 6 287 $ 107,8 3,0 1,9 2,2
Toute autre dépense7 053 $ 10 025 $ 42,1 0,3 4,3 3,8
* Les estimations de 2004 sont calculées en multipliant le % de changement survenu à partir des 3 premiers trimestres de 2003 jusqu'au 3 premiers trimestres de 2004 par la valeur réelle de 2003. Ce % de changement est indiqué dans la dernière colonne.
Source : People Patterns Consulting, selon les données de Statistique Canada

C'est officiel - Les données sur la richesse des ménages révisées à la hausse de 38 000 $

Statistique Canada est la source officielle de la plupart des données citées à l'appui de ce rapport. Pendant plusieurs années, notre rapport a produit un compte rendu détaillé des sources de la richesse des ménages. Nous le reprenons encore dans le Tableau 3, mais cette fois avec du nouveau. Il est maintenant basé sur la valeur marchande estimée pour les actions et les pensions. Dans le passé, le tableau présentait des données selon ce qu'on appelait valeur comptable. Si quelqu'un avait acheté une action en bourse à 10 $ il y a quelques année et qu'il la détenait encore, le prix inscrit au Tableau 3 aurait été 10 $ peu importe le cours de cette action aujourd'hui. Cette méthode, quoique inexacte, était la seule disponible.

À l'instar de nombreux collecteurs de données dans le monde, Statistique Canadaviii a commencé à corriger cette lacune. « Cette méthode correspond directement à la pertinence des données en tant que comportement économique basé, entre autres, sur les perceptions de la richesse à sa valeur actuelle ".

Valeur nette moyenne (actifs totaux moins dette) par ménage en dollars constants de 2002

Selon la collection valeur marchande et nos calculs, la valeur nette moyenne par ménage est maintenant de 322 900 $ ou d'environ 38 000 $ de plus que selon l'ancienne méthode. L'estimation de la valeur marchande n'est disponible que depuis 1990 et non pas 1980 comme c'est le cas dans tous les autres tableaux figurant dans le présent rapport. La majorité de cette croissance de la richesse résulte de la révision à la hausse de la valeur des titres. L'amélioration de la valeur marchande des actions ne représente pas une avancée pour tout le monde, étant donné qu'en 1999, seulement 10 % des ménages détenaient des actions à l'extérieur de leurs fonds de pension et des fonds communs de placementix . Le Graphique 8 révèle que l'estimation basée sur la valeur marchande est beaucoup plus volatile que celle effectuée en fonction de la valeur comptable.

En fonction de cette nouvelle mesure basée sur la valeur marchande, la proportion de la dette totale par rapport à la valeur nette est plus faible en 2004 comparativement à 1990, mais l'inverse est vrai lorsqu'on utilise l'ancienne mesure de la valeur comptable. En d'autres mots, si l'on se fonde sur cette seule mesure, les ménages sont en moyenne moins lourdement accablés par la dette qu'on ne le croyait au départ.

Naturellement, la dette demeure un problème grave lorsqu'on la mesure par rapport aux tendances stagnantes des revenus et à la probabilité d'une hausse des taux d'intérêt.

En utilisant cette nouvelle mesure de calcul, la valeur nette par ménage s'est accrue d'environ 2,5 % en 2004, suivant une reprise encore plus forte en 2003. Ces fortes hausses ont été pour la plupart soutenues par l'appréciation des biens immobiliers et des titres boursiers. Il convient de rappeler que la valeur marchande des actions, pour ceux qui en détenaient, a plus que triplé entre 1990 et 2004.

D'autre part, les dettes hypothécaires réelles se sont alourdies de plus de 2 % à chacune des trois dernières années.

TABLEAU 3 - Principales composantes de la valeur nette moyenne par ménage, selon la valeur marchande en dollars constants de 2002
(Les cellules ombrées représentent les périodes de contraction des actifs ou d'alourdissement de la dette)
 Perspective à long terme (1990-2004)*Plus récentes perspectives triennales
Valeur en $ de 2002% de changement pendant certaines périodes
19902004
fin
du 3T
2004(3T)
/1990
2002
/2001
2003
/2002
2004(3T)
/2003
Actifs totaux271 031 $389 775 $43,8-0,24,02,5
Actifs financiers145 154 $224 633 $54,8-3,93,9 1,6
actions24 166 $78 414 $224,5-8,511,73,2
assurance-vie
/pensions
46 832 $81 824 $74,7-3,43,0 2,7
« tout autre actif » **74 156 $64 395 $-13,20,5-3,1-1,4
Actifs réels (non financiers) 125 876 $165 142 $31,25,44,13,6
bien fonciers et immobiliers99 038 $136 716 $38,06,05,0 4,6
biens durables 24 051 $26 128 $8,64,01,6 -0,8
« tout autre actif » ***2 787 $2 298 $-17,6-4,4-11,1 -2,6
MOINS dette totale49 227 $66 840 $35,82,52,52,3
crédit à la consommation11 259 $17 515 $55,65,05,8 3,3
hypothèques31 340 $40 648 $29,72,23,1 2,3
« toute autre dette »6 629 $8 677 $30,9-0,6 -5,6 0,2
ÉGALE valeur nette221 804 $322 935 $45,6 -0,8 4,3 2,5
* Les estimations de 2004 sont calculées en fonction de la valeur à la fin du 3e trimestre de 2004. Le changement de pourcentage dans la dernière colonne est fondé sur les données de la fin 2003 jusqu'à la fin du 3e trimestre de 2004. * * Obligations, espèces, prêts à des tiers, etc. * * * Machinerie et équipement, etc.
Source : People Patterns Consulting, selon les données de Statistique Canada

L'endettement encore en hausse par rapport au revenu après impôt

La dette des ménages (endettés et non endettés confondus) était de 66 800 $ en moyenne en 2004, En 1999, environ les deux tiers des ménages avaient contracté une dette quelconquexF et les autres n'en avaient pas, ce qui semble indiquer que les ménages endettés avaient une dette d'environ 100 000 $ chacun.

Dette moyenne par ménage en dollars constants de 2002

La dette totale représente maintenant 121 % des revenus du ménage par rapport à 86 % en 1980. Si on inclut seulement la dette à la consommation et la dette hypothécaire dans ce total, le ratio de l'endettement par rapport au revenu se situe alors à 105 % comparativement à 74 % en 1980.

Ratio de la dette du ménage par rapport au revenu personnel disponible, après transferts publics et impôt

La plupart des ménages peuvent encore supporter cet endettement élevé parce que les taux d'intérêt ont atteint ou frôlé un plancher historique. La majorité des prévisionnistes entrevoient un relèvement progressif, et non brusque, des taux d'intérêt au cours des douze prochains mois environ. Selon la Banque du Canadaxi , « le scénario - plus probable - d'une montée cyclique des taux d'intérêt laisserait aux ménages le temps d'ajuster leurs habitudes de dépenses. »

Les ménages devraient peut-être commencer à « corriger le tir » dès maintenant.

Une enquête menée avant Noël par le Conference Board of Canadaxii a révélé que l'optimisme concernant l'état des finances familiales dans six mois s'était tempéré. La perspective d'une hausse imminente des taux d'intérêt, conjuguée aux niveaux élevés des dettes du ménage, pourrait rendre les consommateurs plus frileux au sujet de leur budget.

Les faillites frisent toujours des niveaux records

Tout ne baigne pas dans l'huile. Le nombre de faillites de consommateurs s'est chiffré à 84 000 en 2004, pas loin du niveau record de 1997. Les faillites ont plus que quadruplé en 25 ans. Les récessions du début des années 1980 et 1990 ont provoqué une accélération des faillites, tout comme la hausse des taux d'intérêt dans la deuxième moitié des années 1990.

La tendance des dernières années pourrait s'infléchir si les taux d'intérêt s'envolent trop vite ou si l'économie bascule dans une récession. Les prévisionnistes professionnels n'anticipent aucun de ces scénarios, mais cette possibilité ne doit pas être complètement écartée. Si l'histoire se répète, nous entrerons probablement en récession dans les années à venir. Nous avons été plongés dans une récession dans les années 1980 et les années 1990. Une autre pourrait bien surgir dans les années 2000. La hausse du dollar canadien, la flambée des cours du pétrole, une déprime économique ailleurs dans le monde ou des problèmes financiers mondiaux pourraient alimenter une récession et provoquer une hausse fulgurante des faillites. La question est probablement de savoir quand et non si nous connaîtrons une autre récession.

Nombre de faillites de consommateurs

Les faillites sont en hausse dans toutes les provinces

À long terme, de 1980 à 2004, le nombre de faillites de consommateurs a explosé au Nouveau-Brunswick (+1472 %), à Terre-Neuve (+1189 %) et en Nouvelle-Écosse (+1123 %). Le Manitoba (+179 %) et l'Ontario (+195 %) ont connu les plus faibles hausses. En 2004, les faillites ont augmenté dans sept des dix provinces.

TABLEAU 4 Nombre de faillites de consommateurs par province
(Les cellules ombrées représentent les périodes de hausse des faillites)
 Perspective à long terme (1980-2004)Perspective à court terme (3 ans)
Nombre% du changement pour certaines périodes
19802004e2004e
/1980
2001
/2000
2003
/2002
2004e
/2003
Terre-Neuve1862 2101189 %1 %12 %8 %
Île-du-Prince-Édouard5743 580 524 %-5 % 8 %2 %
Nouvelle-Écosse222501123 % -5 % 23 % 22 %
Nouveau-Brunswick 160 2 520 1472 % 4 % 24 % 12 %
Québec 6 144 23 070 275 % -10 % 4 % 2 %
Ontario 10 384 30 650 195 % 4 % 12 % 1 %
Manitoba 829 2 310 179 % -2 % 7 % -11 %
Saskatchewan 326 2 230 582 % -1 % 9 % 2 %
Alberta 1 308 8 650 561 % 2 % 11 % -6 %
Colombie-Britannique 1 083 8 350 671 % 1 % -2 % -11 %
CANADA (comprend les Territoires)21 025 83 910 299 % -2 % 8 % 0 %
* Les estimations de 2004 sont calculées en multipliant le % de changement survenu à partir des 10 premiers mois de 2003 jusqu'au 10 premiers mois de 2004 par la valeur réelle de 2003. Cet écart de pourcentage est indiqué dans la dernière colonne.Source : People Patterns Consulting, selon les données de Statistique Canada et du site Strategis d'Industrie Canada

SUPPLÉMENT SPÉCIAL - Réalité générationnelleDEUX DÉCENNIES PERDUES!

Les familles jeunes et d'âge moyen ont-elles raison de se plaindre d'avoir plus de difficulté à joindre les deux bouts que les générations précédentes? Oui. Au cours des deux dernières décennies, les ménages jeunes et un peu moins jeunes ne s'en sont pas aussi bien tirés, ou ont même perdu du terrain, par rapport aux ménages composés de personnes âgées.

Les impacts à long terme sont mesurables et réels.

  • Les revenus d'emploi des familles les plus jeunes ont été plus faibles alors que le nombre d'heures travaillées par couple a été plus élevé.
  • Les niveaux d'accession à la propriété ont diminué chez les ménages de tous les groupes d'âge, sauf parmi ceux de 55 ans et plus.
  • La valeur nette de tous les ménages composés de personnes de moins de 55 ans a baissé.
  • Les taux de pauvreté ont bondi chez les groupes de ménages les plus jeunes et chuté parmi ceux composés de personnes âgées.

Réalité générationnelle #1 - Deux décennies perdues pour les moins de 45 ans

Le Graphique 12 présente les revenus d'emploi moyen de familles de trois groupes d'âge.

  • Les revenus familiaux d'emploi ont stagné des années 1980 jusqu'au milieu des années 1990 tant chez les 25 à 34 ans que parmi les 35 à 44 ans. Ce furent deux décennies perdues pour ces deux groupes d'âge.
  • Les revenus des 45 à 54 ans se sont améliorés pendant les années 1980 et ont planchonné jusque dans le milieu des années 1990. Une décennie de perdue pour ce groupe.
  • Heureusement, les trois groupes ont atteint de nouveaux sommets ces dernières années.

Revenus moyens d'emploi pour les familles de 2 personnes ou plus, selon l'âge du principal soutien économique, en dollars constants de 2002

Les conséquences des récessions début (1980 et début 1990) sont palpables chez les trois groupes d'âge. Les revenus en ont pris pour leur rhume pendant les deux récessions qui ont pris plusieurs années à planchonner et à se résorber avant de remonter à de nouveaux sommets. La dernière récession a particulièrement suivi cette tendance et les revenus d'emploi n'ont retrouvé leurs niveaux prérécession qu'à la fin des années 1990.

Ces décennies perdues ont eu un impact cumulatif. Les personnes de 25 à 34 ans ont eu la vie dure pendant les années 1980, et il en a été de même pour celles âgées de 35 à 44 ans dans les années 1990, car les revenus ont encore une fois stagné. Les personnes nées dix ans plus tard ont ressenti les mêmes effets cumulatifs en vieillissant. Au total, les gains de certains individus sont demeurés pratiquement inchangés pendant la plus grande partie de leur vie active. À long terme, ces répercussions ont nui à leurs chances d'accéder à la propriété et d'accumuler de la richesse. Nous y reviendrons.

Réalité générationnelle #2 - Revenus plus faibles pour les hommes… plus élevés pour les femmes

Pourquoi les revenus d'emploi des couples plus jeunes ont-ils stagné pendant de si longues périodes? Cela est dû en partie au fait que les revenus hebdomadaires moyens des hommes vivant en couple ont diminué, tout niveau de scolarité confondu, sauf pour les très scolarisés. Parallèlement, les salaires moyens des femmes de ces couples ont augmenté, mais ce ne fut pas le cas pour toutes les femmes. Ainsi, beaucoup de couples ont tout juste réussi à joindre les deux bouts.

Statistique Canada a effectué une très intéressante étudexiii pour quantifier les tendances relatives aux revenus des couples, selon le groupe d'âge et le niveau de scolarité. L'étude a examiné des couples de trois groupes d'âge présentant 10 niveaux de scolarité chacun. Les tableaux 5 et 6 présentent les résultats de quatre des dix groupes de couples composés de personnes nées au Canada selon leur scolarité et dans lesquels les deux partenaires travaillent généralement à temps plein. L'étude n'a pas examiné les couples de 55 ans et plus en particulier car tel n'était pas son but.

TABLEAU 5 - Changement survenu dans les revenus hebdomadaires moyens des hommes et des femmes travaillant généralement à temps plein, chez les couples formés de personnes nées au Canada, selon l'âge et le niveau de scolarité % du changement survenu de 1980 à 2000 en dollars constants de 2000
Les cellules ombrées indiquent une baisse dans les revenus hebdomadaires moyens entre 1980 et 2000
Niveau de scolarité le plus élevé chez les deux partenaires du coupleAucun des partenaires ne possède un diplôme d'études secondairesLes deux partenaires ont obtenu un diplôme d'études secondairesLes deux partenaires détiennent un diplôme ou un certificat non universitaireLes deux partenaires sont des diplômés universitaires
Homme, selon l'âge
25-34-21 %-13 %-7 % 6 %
35-44-4 %-5 % -2% 10 %
45-54-3 % -11 %-1 %2 %
Femmes, selon l'âge du partenaire masculin
25-34-5 % -2 %1 %8 %
35-4410 %11 %6 %16 %
45-5412 %7 %6 %30 %
Source : People Patterns Consulting, selon les données du catalogue 11F0019 No 230 de Statistique Canada

Le tableau nous révèle ce qui suit pour le groupe d'âge de 25 à 34 ans.

  • Entre 1980 et 2000, les revenus hebdomadaires moyens des hommes âgés de 25 à 34 ans ont dégringolé de 21 % chez les couples où aucun des partenaires n'avait terminé son secondaire.
  • Les revenus moyens des hommes du même groupe d'âge (25 à 34 ans) faisant partie d'un couple où l'homme et la femme détenaient un diplôme d'études secondaires ont chuté de 13 % pendant les deux décennies.
  • Toujours pour le même groupe d'âge, les revenus moyens des hommes ont diminué de 7 % chez les couples où les deux partenaires possédaient un diplôme ou un certificat non universitaire.
  • Dans ce groupe d'âge des 25 à 34 ans, les seuls hommes ayant bénéficié d'une hausse de revenus vivaient dans un couple où les deux partenaires détenaient un diplôme universitaire.

Les deux autres groupes d'âge font face à des réalités similaires. Les revenus des hommes ont en général reculé, sauf chez les couples les plus scolarisés, tandis que ceux des femmes ont augmenté et davantage encore parmi les plus scolarisées d'entre elles.

Comme le révèle les cellules ombrées (indiquant une diminution) dans le Tableau 5, la plupart des hommes des trois groupes d'âge ont vu fondre leurs revenus hebdomadaires moyens au cours des deux décennies, sauf ceux possédant un diplôme universitaire. Chez les hommes, les trois quarts des cellules sont ombrées.

Chez les femmes de ces couples, les seules à avoir subi une baisse de leurs revenus hebdomadaires moyens faisaient partie d'un couple de 25 à 34 ans où les deux partenaires détenaient un diplôme d'études secondaires ou moins. Les femmes de 45 à 54 ans vivant dans un couple où les deux partenaires avaient un diplôme universitaire ont connu la plus forte amélioration, soit une hausse de 30 % de leurs revenus hebdomadaires. Il y a « seulement » deux cellules ombrées (16 %) parmi les 12 cellules que contient le tableau concernant les femmes et elles signalent une baisse des revenus tandis que les dix autres font état d'augmentations.

Dans l'ensemble, certains couples ont pu accroître leurs revenus par l'acquisition de niveaux de scolarité plus élevés. L'éducation joue un rôle important dans le bien-être économique.

Réalité générationnelle #3 - Moins d'heures pour les hommes, plus pour les femmes… plus d'heures pour les couples

Le Tableau 6 indique le nombre d'heures moyen que travaillent ces mêmes couples composés de personnes nées au Canada.

  • Entre 1980 et 2000, le nombre d'heures moyens travaillées par semaine par les hommes de chaque groupe d'âge a diminué ou stagné pour les quatre niveaux de scolarité. La diminution (-8 %) des heures travaillées a touché davantage les personnes ne possédant pas de diplôme d'études secondaires, tous âges confondus.
  • Par contraste, les heures travaillées par les femmes ont bondi entre 1980 et 2000 (par aussi peu que 20 % pour celles âgées de 25 à 34 ans possédant un diplôme universitaire et jusqu'à 57 % pour celles de 45 à 54 ans détentrices d'un diplôme d'études secondaires).
  • Vient maintenant le nombre d'heures combinées pour le couple. Le nombre total d'heures travaillées par ces couples a grimpé pour tous les groupes d'âge et tous les niveaux de scolarité. Le nombre d'heures travaillées par les couples où les deux partenaires n'avaient pas obtenu leur diplôme d'études secondaires a augmenté de 6 % à 9 % entre 1980 et 2000. En général, l'augmentation du nombre d'heures totales a été plus considérable chez les couples hautement scolarisés.

Les familles travaillent sans relâche pour subvenir à leurs besoins et joindre les deux bouts. L'accroissement du nombre d'heures travaillées empiète sur le temps consacré à la famille et augmente le stress.

TABLEAU 6 - Heures travaillées en 2000 et % du changement survenu en termes d'heures hebdomadaires moyennes chez les hommes et les femmes vivant en couples composés de personnes nées au Canada, selon l'âge et le niveau de scolarité, de 1980 à 2000
Les cellules ombrées indiquent une baisse dans le nombre d'heures moyen de 1980 à 2000
Niveau de scolarité le plus élevé chez les deux partenaires du coupleAucun des partenaires ne possède un diplôme d'études secondairesLes deux partenairs ont obtenu un diplôme d'études secondairesLes deux partenaires détiennent un diplôme ou un certificat non universitaireLes deux partenaires sont des diplômés universitaires
 Heures travaillées par semaine en 2000Change-ment dans les heures de 1980 à 2000Heures travaillées par semaine en 2000Change-ment dans les heures de 1980 à 2000 Heures travaillées par semaine en 2000Change-ment dans les heures de 1980 à 2000Heures travaillées par semaine en 2000Change-ment dans les heures de 1980 à 2000
Hommes, selon l'âge
25-3437,2 hrs-8 %45,3 hrs-2 %46,6 hrs0 %47,1 hrs-1 %
35-4438,5 hrs-8 %46,6 hrs-2 %47,4 hrs-1 %49,1 hrs-1 %
45-5438,1 hrs-8 %45,5 hrs-5 %45,9 hrs-3 %48,1 hrs-4 %
Femmes, selon l'âge du partenaire masculin
25-3424,6 hrs 39 % 34,2 hrs 29 % 38,8 hrs 35 % 40,8 hrs 20 %
35-4428,6 hrs45 % 37,6 hrs53 %39,5 hrs40 % 39,7 hrs32 %
45-54 28.6 hrs 47 % 37,7 hrs 57 % 40,3 hrs 38 % 42,1 hrs 47 %
Pour le couple
25-34 61,8 hrs 6 % 79,5 hrs 9 % 85,4 hrs 13 % 87,9 hrs 8 %
35-44 67,1 hrs 9 % 84,2 hrs 17 % 86,9 hrs 14 % 88,8 hrs 12 %
45-54 66,7 hrs 9 % 83,1 hrs 16 % 86,2 hrs 12 % 90,2 hrs 15 %
Source : People Patterns Consulting, selon les données du catalogue 11F0019 No 230 de Statistique Canada

Réalité générationnelle #4 - Les ménages plus jeunes sont maintenant moins susceptibles d'accéder à la propriété

Les taux d'accession à la propriété ont atteint un sommet sans précédent… cela est vrai sans doute, mais pas pour tout le monde. Une réalité importante, car l'accession à la propriété demeure la principale source d'accumulation de la richesse. Certains groupes sont à la traîne.

En 2001, 66 % - un niveau record - de tous les ménages étaient propriétaires par rapport à 62 % en 1981. C'est bien en soi. Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

  • Le taux d'accession à la propriété des ménages composés de personnes de 34 ans et moins est passé de 44 % en 1981 à 41 % en 2001, tandis qu'il a chuté de 72 % à 67 % pour la même période pour les ménages de 35 à 44 ans. Les revenus de ces deux groupes ont stagné pendant près de deux décennies comme l'indique le Graphique 12.
  • Les taux d'accession à la propriété ont baissé plus lentement, mais la tendance s'est poursuivie, pour les ménages de 45 à 54 ans, passant de 76 % en 1981 à 74 % en 2001.
  • La seule augmentation a été constatée chez les ménages de 55 ans et plus où le taux d'accession à la propriété est passé de 68 % en 1981 à 74 % en 2001.

À première vue, la proportion grandissante de Canadiens propriétaires (ayant une dette hypothécaire ou pas) semble une bonne nouvelle qui montre que l'accession à la propriété est un objectif réaliste pour tous. Les Canadiens plus âgés ont pu atteindre ce but, mais reste à savoir si, avec le temps, la même proportion de Canadiens plus jeunes pourront réaliser ce rêve.

% des ménages de chaque groupe d'âge qui sont propriétaires (1981-2001)

Réalité générationnelle #5 - Les ménages plus âgés sont les seuls à accumuler la richesse au fil du temps

Outre le logement, les ménages peuvent aussi accumuler une valeur nette (richesse) grâce à des actifs financiers comme les pensions, les actions, les obligations, les dépôts bancaires, l'argent comptant, les actifs commerciaux, etc.

Le Graphique 14 brosse un tableau très inquiétant quand on l'examine selon une perspective générationnelle.

% de changement de la valeur nette médiane, selon le groupe d'âge du ménage, 1984 à 1999

  • Le ménage typique composé de personnes de moins de 25 ans a pratiquement perdu toute sa valeur nette entre 1984 et 1999.
  • Les ménages de 25 à 34 ans ont vu leur valeur nette (total des actifs moins la dette totale) chuter de 36 % entre 1984 et 1999.
  • Pendant la même période, la valeur nette des ménages de personnes de 35 à 44 ans a baissé de 18 %, tandis que celle des ménages de 45 à 54 ans a glissé de 7 %.
  • Y a-t-il des gagnants? Oui, les groupes d'âge de 55 à 64 ans (19 %) et de 65 ans et plus (+56 %) ont enregistré un accroissement substantiel de leur valeur nettexiv .

La répartition est toujours importante, quoique généralement inégale. Dans les rapports précédents, nous avons examiné comment les différents genres de famille et les divers groupes de soutien économique acquièrent une partie plus ou moins considérable de la richesse du pays. Il est en outre évident que les différentes générations ont fait face à différents niveaux de sécurité financière à court et à long terme et que la situation ne semble pas prête de changer.

Réalité générationnelle #6 - Plus de pauvreté chez les plus jeunes que chez les personnes âgées

Le dernier indicateur relié à l'âge que nous examinons dans cette section est le faible revenu (pauvreté).

  • En 1980, environ 31 % des ménages composés de personnes de moins de 25 ans disposaient de faibles revenus (pauvreté). Mais en 2002, cette proportion avait bondi à 43 %... une hausse énorme de 12 points de pourcentage (pp) pour la période.
  • Les taux de pauvreté sont demeurés pratiquement inchangés pour les ménages des groupes d'âge de 25 à 34 ans, 35 à 44 ans, 45 à 54 ans et 55 à 64 ans. Ni meilleur ni pire.
  • Les grands gagnants ont été les ménages de personnes de 65 ans et plus dont le taux de pauvreté a grandement diminué, passant de 19 % en 1980 à 10 % en 2002 (18 pp).
  • Cela ne veut pas dire cependant que la pauvreté n'existe pas parmi les personnes âgées. Dans les faits, les jeunes sont en difficulté et les ménages composés de personnes d'âge moyen ne peuvent que maintenir le statu quo.

Le phénomène de la pauvreté doit aussi être examiné selon une perspective intergénérationnelle.

Changement en points de pourcentage (pp) du taux de faible revenu (pauvreté) après transferts publics et impôt, selon le groupe d'âge du ménage, 1980 à 2002

Les réalités générationnelles

Ce court examen révèle que les différents groupes d'âge n'ont pas tous profité également de la bonification des revenus et du bien-être. La génération âgée a de toute évidence le mieux tiré son épingle du jeu, la génération des groupes d'âge moyen a dû lutter pour se maintenir à flot (certains membres n'y sont pas arrivés), et la jeune génération a tiré le diable par la queue.

Cet examen ne vise pas à encourager les conflits entre les groupes d'âge, mais plutôt à les aider à améliorer la compréhension entre eux. En outre, l'élaboration de politiques familiales doit tenir compte de ces réalités. Il ne faut pas rêver en couleurs et s'imaginer que l'avenir de nos enfants et petits-enfants se construira par enchantement.

Merci d'avoir lu ce rapport. Circulez-le.Vous trouverez les rapports précédents au www.ivfamille.ca
À l'an prochain!

 

 

ANNEXE A     Revenu moyen des familles et des individus libres de liens familiaux, écart de faible revenu et portion du revenu après impôt
(Les cellules ombrées représentent des périodes de contraction des revenus) Perspective à long terme (1980-2002)Plus récente perspective triennale
Revenus en dollars
de 2002
% du changement pendant certaines périodes
 198020022002
/1980
2000
/1999
2001
/2000
2002
/2001
Tous les ménages 45 000 $49 400 $ 9,8 2,9 4,9 0,8
Toutes les familles de 2 personnes ou plus53 400 $60 500 $ 13,3 3,2 4,7 0,3
Familles âgées de 2 personnes ou plus (65 ans et plus)
Couples mariés âgés 35 300 $ 42 000 $19,0 -1,5 4,0 1,2
Autres familles âgées49 400 $ 48 400 $ -2,0 1,1 3,5 2,3
Familles autres qu'âgées de 2 personnes ou plus (moins de 65 ans)
Couples mariés sans enfants54 000 $ 59 000 $ 9,3 1,7 8,2 -0,5
revenu unique 44 900 $ 45 800 $ 2,0 -1,8 10,1 -4,8
double revenu59 500 $ 65 700 $ 10,4 1,0 6,7 0,3
Couples mariés avec enfants57 300 $ 67 700 $ 18,2 3,5 4,4 0,9
revenu unique 43 800 $ 49 900 $ 13,9 -0,2 5,0 3,5
double revenu 58 700 $ 67 200 $ 14,5 3,8 3,2 0,3
Mères seules 26 200 $ 30 800 $ 17,6 8,5 6,2 -5,2
Pères seuls38 800 $ 42 100 $ 8,5 7,9 -2,4 2,2
Toutes les familles de 2 personnes ou plus, selon la province
Terre-Neuve42 900 $ 46 800 $ 9,1 0,7 3,8 2,0
Île-du-Prince-Édouard45 600 $ 49 400 $ 8,3 0,9 2,1 2,1
Nouvelle-Écosse44 200 $ 51 500 $ 16,5 3,6 1,4 3,4
Nouveau-Brunswick43 100 $49 900 $ 15,8 2,1 2,1 1,4
Québec48 700 $ 53 400 $ 9,7 4,5 5,1 0.2
Ontario 56 000 $ 67 100 $ 19,8 3,2 3,5 -0,4
Manitoba 50 400 $ 55 400 $ 9,9 1,6 5,7 3,6
Saskatchewan 51 600 $ 53 000 $ 2,7 2,7 4,8 1,0
Alberta 61 000 $ 64 300 $5,4 5,6 8,4 -2,0
Colombie-Britannique 59 600 $ 60 800 $ 2,0 0,0 6,4 1,7
Individus libres de liens familiaux (vivant seuls ou avec une personne non apparentée)
Total22 400 $ 25 900 $ 15,6 2,1 5,0 2,4
Hommes âgés (65 ans et plus)19 500 $24 600 $26,2 -2,98,6-2,4
Femmes âgées (65 ans et plus)16 400 $21 900 $33,52,05,42,3
Hommes autres qu'âgés (moins de 65 ans)27 100 $ 28 400 $ 4,8 6,2 3,3 0,7
Femmes autres qu'âgées (moins de 65 ans)21 300 $ 25 200 $ 18,3 -1,7 5,8 5,4
Écart de revenu moyen - $ nécessaires pour atteindre le seuil de faible revenu
Toutes les familles de 2 personnes ou plus7 000 $ 6 900 $-1,40,0 0,0-1,4
Individus libres de liens familiaux5 700 $ 5 200 $ -8,8 -1,8 -1,8 -5,5
% du revenu après transferts publics et impôt - toutes les familles de 2 personnes ou plus, selon la catégorie de revenu(changement indiqué en points de pourcentage (pp)
Familles du quintile inférieur7,2 % 7,4 % +0,2pp -0,2pp 0,2pp 0,0pp
Familles du quintile médian-inférieur 13,9 % 12,9 % -1,0pp -0,1pp -0,1pp 0,1pp
Familles du quintile médian18,7 % 17,7 % -1,0pp -0,1pp -0,1pp 0,1pp
Familles du quintile médian-supérieur 23,7 % 23,5 % +0,2pp -0,2pp -0,2pp 0,2pp
Familles du quintile supérieur 36,5 % 38,5 % +2,0pp 0,6pp 0,2pp -0,4pp
Source : People Patterns Consulting, selon les données de Le revenu au Canada, 2002, Statistique Canada

ANNEXE B     Familles et individus libres de liens familiaux, à faible revenu (pauvreté), après impôt
(Les cellules ombrées représentent les périodes d'aggravation des taux de faible revenu) Perspective à long terme (1980-2002) Perspective à court terme (3 ans)
% avec faibles revenusChangement en points de pourcentage pendant certaines périodes
 198020022002
/1980
2000
/1999
2001
/2000
2002
/2001
Tous les ménages16,4 12,7 -3,7 -0,9 -1,7 -0,2
Toutes les familles de 2 personnes ou plus8,8 7,0 -1,8 -0,6 -1,3 0,4
Familles âgées (65 ans et plus)
Couples mariés âgés 5,5 1,7 -3,8 0,1 0,4 0,1
Autres familles âgées10,4 6,4 -4,0 0,8 -4,6 1,9
Familles autres qu'âgées (moins de 65 ans)
Couples mariés sans enfants4,5 5,5 1,0 -0,9 -0,8 0,5
revenu unique 7,4 8,4 1,0 0,4 -0,8 0,4
double revenu 1,3 2,3 1,0 -0,4 -0,2 0,8
Couples mariés avec enfants6,8 5,4 -1,4 -0,2 -1,5 -0,5
revenu unique12,4 15,0 2,6 0,8 -1,7 -4,3
double revenu 3,6 3,0 -0,6 -0,1 -1,0 0,4
Mères seules47,9 34,8 -13,1 -4,3 -3,1 4,7
Pères seules20,8 10,7 -10,1 -4,9 -0,4 -0,4
Tous les ménages, selon l'âge du principal soutien économique
Moins de 25 ans31,2 43,4 12,2 -2,4 -1,7 1,8
25-34 ans11,6 11,8 0,2 -2,0 -2,4 -0,9
35-44 ans 10,0 9,7 -0,3 -0,5 -1,1 -0,4
45-54 ans10,7 9,2 -1,5 -1,3 -1,1 -0,6
55-64 ans14,8 15,3 0 0,2 -2,7 -0,5
65 ans et plus 28,5 10,2 -18,3 -0,1 -1,4 0,6
Toutes les personnes, selon la province
Canada 11,5 9,5 -2,0 -0,7 -1,6 0,2
Terre-Neuve17,9 9,6 -8,3 -0,6 -2,6 -0,6
Île-du-Prince-Édouard10,7 6,1 -4,6 -0,5 -1,5 -0,1
Nouvelle-Écosse 12,0 8,6 -3,4 -0,2 -0,8 -0,9
Nouveau-Brunswick12,3 8,3 -4,0 -0,9 -1,1 0,9
Québec14,4 10,6 -3,8 -0,9 -1,6 -1,1
Ontario 10,0 8,3 -1,7 -0,8 -1,8 0,9
Manitoba 13,4 10,2 -3,2 -0,9 -2,8 0,4
Saskatchewan 10,4 7,8 -2,6 0,3 -0,7 -0,8
Alberta 9,4 7,5 -1,9 -0,5 -1,2 -1,2
Colombie-Britannique9,5 12,9 3,4 -1,2 -0,8 1,4
Individus libres de liens familiaux
Total 36,6 24,8 -11,8 -1,7 -2,4 -1,3
Hommes âgés (65 ans et plus)45,5 14,4 -31,1 0,3 -1,4 -1,0
Femmes âgées (65 et plus)56,1 19,5 -36,6 -0,8 -2,7 1,4
Hommes autres qu'âgés (moins de 65 ans) 24,2 24,5 0,3 -4,3 -1,9-0,7
Femmes autres qu'âgées (moins de 65 ans)36,8 31,1 -5,7 0,5 -3,1 -3,7
Note: Note : Une famille de 4 personnes vivant dans une ville de 500 000 ou plus avec un revenu annuel de moins de 30 576 $ (7 644 $ par personne) et une famille de 4 personnes en milieu rural ayant un revenu annuel de moins de 20 047 $ (5 011 $ par personne) sont classées comme étant à faible revenu, Source : People Patterns Consulting, selon les données de Le revenu au Canada, 2002, Statistique Canada

NOTES EN FIN DE TEXTE

Notes en fin de texte et autres sources de renseignements concernant les graphiques

iJacqueline Thorpe, Financial Post, 6 décembre 2004

ii Philip Giles et Karen Moder, Utilisation du REÉR avant la retraite, L'emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, catalogue 75-001-IXF

iii RBC Groupe Financier, Perspectives économiques et financières, décembre 2004, page 12.http://www.rbc.com/economics/market/pdf/fcst.pdf

iv TD Economics - TD Quarterly Economic Forecast, page 15, en anglais seulementhttp://www.td.com/economics/qef/qefdec04.pdf

v Paul Farrell, CBS.MarketWatch.com, 30 novembre 2004

vi Institut Vanier de la famille, Profil des familles canadiennes III, page 116, publié en novembre 2004

vii http://www.ipsos-na.com/news/pressrelease.cfm?id=2422

viii http://www.statcan.ca/français/freepub/13-605-XIF/2003001/conceptual/2004marketvalue_f.htm

ix Roger Sauvé, Rêve et réalité : Avoirs, dettes et valeur nette des ménages canadiens, publié par l'Institut Vanier de la famille, 2002

x Ibid

xi Banque du Canada, Revue du système financier, décembre 2004

xii http://www.mytelus.com/news/article.do?viewType=print&articleID+1763240

xiii René Morissette et Anick Johnson, Gains des couples très scolarisés et peu scolarisés, 1980 à 2000, Statistique Canada, 11F0019MIF2004230, octobre 2004.

xiv Roger Sauvé, Rêve et réalité : Avoirs, dettes et valeur nette des ménages canadiens publié par l'Institut Vanier de la famille, 2002

Sources clés de Statistique Canada utilisées dans ce rapport

  • Le revenu au Canada 2002, 75-202-XIF.
  • Tendances du revenu au Canada 1980-2002, 13FOO22XIF
  • Comptes nationaux des revenus et dépenses et Comptes du bilan national (différentes sources électroniques et tableau Cansim)

Note : Le nombre de ménages pour les années 1980 à 2002 est tiré de Le revenu au Canada, 2002. On présume que le nombre de ménages pour 2003 et 2004 connaît le même taux de croissance en pourcentage qu'en 2002.

1994-2004 10e anniversaire de l'année internationale de la famille


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