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Traits de familles

Tendances des revenus, des dépenses, de l'épargne et de l'endettement des familles canadiennes

POINTS SAILLANTS

Ce rapport examine l'évolution de la situation financière des familles canadiennes au cours des dernières décennies. Plusieurs conclusions sautent aux yeux tandis que d'autres sont moins évidentes en raison de considérations relatives au concept et aux données. La longue période de temps et le vaste niveau d'analyse révèlent que la situation financière des familles est à la fois variée et inconstante. L'économie, le rôle des doubles revenus, la taille des familles et leur composition forment une toile de fond changeante à la fois pour la vie familiale et pour l'analyse.

Le tableau ci-dessous comporte plusieurs (mais pas la totalité) des faits saillants tirés des conclusions. Les lecteurs sont encouragés à lire l'ensemble du rapport afin de mieux comprendre les tendances et de situer leur propre famille par rapport aux moyennes qui y sont indiquées.

Principaux changements dans les revenus, les dépenses, l'épargne et l'endettement des familles

Avant 1980Années 1980Années 1990Remarques générales
Revenus familiaux
  • tout le monde gagne
  • les personnes âgées gagnent tandis que d'autres perdent du terrain ou font des gains modestes
  • tout le monde perd du terrain
  • les jeunes ménages perdent du terrain
  • la récession frappe de plein fouet
  • plus d'impôt sur le revenu
Source de
revenus
  • rôle réduit pour les salaires et les traitements
  • baisse des revenus d'investissement à partir du début des années 1980
  • les paiements de transfert du gouvernement principalement axés sur les rentes
  • Assurance-chômage liée
à l'économie
Répartition du revenu
  • les membres de la classe moyenne supérieure et les familles formant les 20 % les plus riches obtiennent une part légèrement plus importante de tous les revenus
  • le taux de faible revenu demeure élevé et relativement stable depuis 1980
  • répartition inégale
  • un plus grand nombre de jeunes basculent dans la catégorie des personnes à faible revenu tandis qu'un nombre plus élevé de personnes âgées en sortent.
Dépenses
  • stables dans les années 1960
  • croissantes dans les années 1970
  • croissent et décroissent selon la conjoncture économique
  • 1989 était l'année de pointe
  • endettement accru dans les années 1990
Composition des dépenses
  • beaucoup moins pour l'alimentation, l'entretien ménager, les vêtements et la santé
  • beaucoup plus pour les taxes et les loisirs
  • les ménages formant les 20 % les plus pauvres dépensent encore plus pour se loger
Épargnes
  • en hausse
  • pas autant
  • au plus bas niveau selon les mesures traditionnelles
  • les mesures de rechange indiquent une situation plus reluisante
  • les ménages formant les 20 % les plus pauvres sont des désépargnants
Valeur nette
  • en hausse
  • en hausse mais
volatile

  • la reprise post- récession a profité au cours des actions
  • a subi l'influence du cycle économique
  • la valeur nette atteint son sommet entre 55 et 64 ans
Répartition de la valeur nette
  • les ménages formant les 20 % les plus riches détiennent deux tiers de l'ensemble de la richesse
  • les ménages formant les 20 % les plus pauvres ne possèdent aucune richesse
  • données dépassées pour la plupart
Stress financier
  • relativement faible
  • commence à
monter après la

récession
  • la plupart des
mesures atteignent des sommets sans précédent
  • les moins de 45 ans supportent le haut niveau d'endettement
Possession d'équipement
  • davantage de presque tout
  • plus de pièces par ménage, particulièrement chez les personnes âgées et les familles avec enfants
  • l'accès à la propriété en hausse chez les 55 ans et plus, mais en baisse chez les autres
  • fourgonnettes et camionnettes
remplacent les automobiles

1. Les temps ont-ils vraiment changé à ce point?

Les temps sont durs. Mais la situation financière des familles est-elle si différente aujourd'hui par rapport à quelques décennies passées?

Le présent rapport tente de fournir des réponses objectives à cette question.

Un grand nombre de rapports, d'opinions et d'articles intéressants sur la situation financière des familles paraissent chaque année. Habituellement, l'accent est mis sur le court terme et sur quelques aspects des finances des ménages, comme les plus récentes données sur les revenus ou les changements dans les dépenses d'une année à l'autre.

Ce document trace un portrait plus large et à plus long terme de la de la situation financière des familles pendant la majeure partie des cinquante dernières années, et en particulier au cours du dernier quart de siècle. Les 22 graphiques et les 9 tableaux qui illustrent ce rapport tentent de saisir l'orientation des tendances à plus long terme et font ressortir toutes ruptures permanentes ou temporaires dans ces dernières. L'accent est mis sur les tendances à plus long terme plutôt que sur les particularités d'une année donnée. En tant que document-ressources, le rapport relate essentiellement les faits sans trop chercher à découvrir les causes possibles des changements. Des études plus approfondies sur une large échelle sont nécessaires pour permettre de comprendre l'évolution des interrelations et essayer de définir les implications des résultats.

Le présent document examine les finances des familles à la lumière du revenu, des dépenses, de l'épargne et de l'endettement (ou passifs dans le jargon de la comptabilité). La valeur nette est la différence entre les épargnes accumulées et les dettes des familles... certaines personnes l'appellent * la richesse. + Le document passe en revue les tendances portant sur l'ensemble des familles, des ménages ou du secteur domestique. Il observe aussi l'expérience de types de familles ou de ménages particuliers au cours d'une période de temps similaire. Ce dernier type d'analyse permet de comprendre quelque peu qui progresse ou qui recule. Par exemple, au cours des dernières décennies, les générations plus âgées ont pu accéder davantage à la propriété tandis que les groupes plus jeunes ont perdu du terrain à ce chapitre.

Le document aborde aussi quelques questions conceptuelles du genre... Quel est le taux d'épargne réel?... Les dépenses courantes sont-elles liées au revenu de l'année en cours et/ou aux épargnes accumulées dans lesquelles on puise au besoin? Les familles sont-elles en difficulté financière étant donné que les six indicateurs de stress financier examinés dans ce rapport sont actuellement à leurs niveaux historiques ou très près de ces derniers?

L'information contenue dans le rapport est présentée, dans la mesure du possible, par famille ou par ménage. Ainsi, chaque famille et d'autres ont une base de comparaison pour leurs propres expériences. Ce rapport ne comprend pas de statistiques en milliards de dollars.

Une partie de l'information présentée commence à partir de 1951, mais la majorité couvre une plus courte période. La plupart du temps, les séries débutent vers 1971 et couvrent donc un quart de siècle approximativement. La disponibilité et la comparabilité des données et/ou le coût associé à l'obtention de données additionnelles ou compatibles forment les principaux déterminants de la période de temps que couvre effectivement une tendance donnée.

2. Quelques définitions de base

Le présent rapport porte sur la situation des * familles économiques +. On a utilisé des données pertinentes de Statistique Canada sur la famille quand elles étaient disponibles. Dans plusieurs cas cependant, des données utiles sur les ménages ou le secteur domestique ont été utilisées pour en suppléer d'autres non disponibles sur les familles. Les tendances qui s'en dégagent demeurent très révélatrices de ce qui se passe au sein des familles.

Selon Statistique Canada, une * famille économique + se définit généralement comme un couple marié ou vivant en union libre ou un parent seul, peu importe son état matrimonial, ainsi que tout enfant jamais marié vivant chez ses parents. Dans certains cas, les membres de la parenté sont inclus. On présume que les membres des familles économiques mettent leurs ressources en commun. Ces * familles + comptent pour environ 7 ménages sur 10 et 9 Canadiens sur 10 vivent en famille. D'autres études de Statistique Canada définissent parfois les familles en utilisant l'expression * familles de recensement + avec des résultats quelque peu différents. Par exemple, les familles monoparentales forment environ 8,6 % des familles économiques, mais 14,5 % des * familles de recensement +.

Les ménages restants se composent de personnes seules, vivant seules ou avec d'autres personnes sans liens de parenté. Aucune donnée explicite n'est présentée pour ce groupe.

Dans certains cas, l'étude se réfère à un concept plus large appelé * secteur domestique +. Ce secteur comprend tous les ménages ainsi que les activités d'une entreprise non incorporée et des groupes sans but lucratif.

Les données du rapport sont pour une large part exprimées en dollars constants de 1996 pour toutes les années. Ils permettent une comparaison des revenus, des dépenses, de l'épargne et de l'endettement selon leur pouvoir d'achat en 1996. Ce procédé annihile l'impact de la hausse des prix.

3. Quatre tendances de fond permettent d'opérer des changements dans un contexte plus large

Avant d'examiner le principal sujet de ce document, il importe de présenter le contexte dans lequel le changement à long et à moyen terme est intervenu au Canada. Parmi les nombreuses possibilités, quatre tendances clés ont eu des conséquences majeures sur le budget global des familles. Ces tendances concernent l'avènement d'un taux de chômage relativement élevé, la croissance et le sommet atteints chez les familles à double revenu ainsi que le nombre accru de familles n'ayant pas de gains, sans oublier la diminution de la taille des familles et le changement intervenu dans leur composition. Les discussions sur d'autres facteurs comme la mondialisation, le changement technologique, la libre-circulation accrue des capitaux, de meilleures communications et les changements d'attitude ajouteraient plus de contenu... autant d'aspects qui ne sont pas couverts par ce document.

  • Le taux de chômage au Canada a progressé graduellement, mais avec quelques variations significatives, à partir de la moitié des années 1960 jusqu'à la fin des années 1970. Deux récessions et les reprises subséquentes ont provoqué une hausse spectaculaire du taux de chômage contemporain en 1983 et en 1993. À l'exception des années 1988 et 1989, le taux de chômage est demeuré continuellement au-dessus des niveaux des années 1960 et 1970. Au cours des années 1980 et 1990, des changements intervenus dans les revenus des familles, leurs dettes et leur valeur nette ont eu tendance à suivre les courbes croissantes et décroissantes des taux de chômage.

  • Le pourcentage des familles à double revenu s'est accru sensiblement, passant de 32 % en 1967 à 55% en 1981. Cette période a aussi coïncidé avec une forte croissance du revenu familial. Les familles à double revenu ont progressé plus lentement au cours de la décennie suivante et atteint un sommet de 63 % en 1989 avant de reculer quelque peu depuis lors. La proportion des familles à revenu unique continue de se contracter. Le nombre de familles où aucun des deux époux ne gagne un revenu a progressé tout au long de la période pour atteindre 19 % en 1996. Le déclin des familles à double revenu et l'accroissement noté parmi les familles sans revenus ont généralement contribué à amoindrir les revenus familiaux pris dans leur ensemble au cours des années 1980 et 1990.


Source : People Patterns Consulting basé sur Revue chronologique du revenu, 1980-1996, Statistique Canada

  • La taille moyenne de la famille a atteint un sommet de quatre personnes en 1966 avant de reculer pour s'établir à tout juste au-dessus de trois vers le milieu des années 1990. Ce déclin est relié à une baisse du nombre d'enfants, à l'augmentation du nombre de ménages monoparentaux, à la hausse du phénomène du « nid vide » et à l'accroissement du nombre de personnes âgées. En théorie comme en pratique, les familles plus petites « ont besoin » de moins de revenu pour vivre.

  • La composition des familles a aussi changé au cours de cette période. La proportion de familles de personnes âgées s'est accrue, passant de 12,4 % de l'ensemble des familles en 1980 à 14,7 % en 1996 tandis que la proportion de familles monoparentales a progressé de 6,5 % en 1980 à 8,6 % en 1996. D'après une étude récente1, le changement intervenu dans la structure familiale de 1984 à 1993 a fait baisser de moitié environ les revenus marchands des ménages par rapport à ce qu'ils auraient été si les structures familiales étaient demeurées intactes. Cette situation est due au fait que la proportion de familles à faible revenu - notamment les personnes âgées et les parents seuls - a progressé tandis que celle des familles à revenu élevé s'est contractée. Ce phénomène s'appelle l'impact compositionnel.

La structure par âge a aussi subi un changement majeur à mesure que les baby-boomers, qui étaient dans l'adolescence au début des années 1970, ont atteint de 30 à 50 ans vers la fin de la période concernée. Comme on le constatera, les personnes de plus de 45 ans s'en tirent beaucoup mieux financièrement que les plus jeunes.

4. Quelques corrélations intéressantes

Les pages suivantes traiteront, étape par étape, des revenus, des dépenses, de l'épargne et de l'endettement. Avant d'aller plus loin, il conviendrait d'avoir une idée des résultats généraux de ce cheminement. Comme vous le remarquerez, la situation financière des familles n'est ni rectiligne, ni simple.

Le Graphique 4 fournit un aperçu sommaire du quart de siècle de 1971 à 1996. L'utilisation d'indices permet de comparer le changement survenu dans les trois indicateurs à partir d'un point de départ commun.

Quelques périodes notables et riches en événements :

  • Les années 1970 ont été marquées par une hausse généralisée des revenus, des dépenses et de la valeur nette. Cette évolution a eu lieu malgré le recul enregistré au milieu des années 1970 et largement causé par le cartel pétrolier de l'OPEP.

  • Le début des années 1980 a été marqué par une grave récession (que certaines personnes ont qualifié de * grande récession + à l'époque). Le chômage a fait un bond significatif et entraîné des diminutions importantes au niveau des revenus, des dépenses et de la valeur nette.

  • Les trois indicateurs ont connu une reprise soutenue pendant la période subséquente. Cette reprise a pris fin en 1989. Vers 1989, les dépenses et la valeur nette ont atteint de nouveaux sommets..., mais ce ne fut pas le cas des revenus familiaux.

  • Les familles canadiennes ont subi une nouvelle récession au début des années 1990. Là encore, les trois indicateurs ont fléchi.

  • Une situation étrange est survenue depuis la nouvelle reprise. Premièrement, le chômage est demeuré relativement élevé comme l'indique le Graphique 1. Deuxièmement, les dépenses ont repris et la valeur nette est beaucoup plus vigoureuse. Cette tendance s'est maintenue dans ces deux aspects jusqu'en 1997. La valeur nette par ménage a en fait atteint un sommet en 1997. Troisièmement, à l'opposé de la tradition, les revenus familiaux n'ont pas jusqu'à ce jour repris le terrain perdu. La surprise tient au fait que les récessions précédentes avaient été suivies d'une amélioration du revenu. De plus, le taux d'épargne des particuliers a maintenant atteint des planchers historiques. Il s'établissait à 5,4 % en 1967, 12,5 % en 1977, à 9,1 % en 1987 et au faible niveau record de 1,8 % en 1997. Les familles semblent avoir augmenté sensiblement leurs dépenses en achetant à crédit sur la base de leur valeur nette croissante.

Certaines interrelations à long terme semblent avoir changé, et la situation préoccupe beaucoup d'analystes. L'économiste dichotomique est de retour. Les familles canadiennes se portent-elles mal (revenus stagnants et faible taux d'épargne) ou se portent-elles bien (valeur nette élevée)? D'aucuns soutiennent que la situation actuelle porte en elle les germes d'une très prochaine récession. Pour d'autres, nous devrions cesser de nous tourner vers l'accroissement des gains familiaux comme principal indicateur de la croissance des dépenses, mais privilégier plutôt la valeur nette. Une autre école de pensée affirme que nous devrions arrêter de tenir compte des anciens taux d'épargne et commencer à examiner les variations de la valeur nette année après année. Un danger lié à l'examen de la valeur nette est le degré auquel la richesse est concentrée entre les mains d'un nombre de familles relativement peu élevé. En effet, les familles formant les 20 % les plus riches possèdent plus des deux tiers de toute la richesse (voir Graphique 20) et près de la moitié de cette richesse est concentrée entre les mains des familles formant les 10 % les plus riches.

Malheureusement, une réponse honnête à ce casse-tête est qu'il n'y a pas de solution précise. Cependant, les Canadiens sont plus au fait de la situation. Selon une enquête continue, environ 85 % des Canadiens s'estimaient satisfaits de leur situation financière en 1975 et 1980... vers 1995, ils n'étaient plus que 72 % à se dire satisfaits.2

5. Revenu familial virtuellement stagnant depuis 1980

La plus longue série de données disponibles sur le revenu familial remonte à un demi-siècle. Elle mesure le revenu avant impôt. En 1951, le revenu familial moyen totalisait environ 3 500 $, soit 22 743 en dollars constants de 1996. Ce revenu familial s'est accru sensiblement pour atteindre près de 56 000 $ en 1980. Depuis lors, la situation a été stable, mais marquée par des variations importantes résultant des récessions et des reprises. La récession du début des années 1980 a causé une chute des revenus jusqu'en 1983. Ils se sont par la suite redressés à la faveur de la reprise pour atteindre près de 59 000 $ en 1989. Le cycle a recommencé avec la récession du début des années 1990 qui a entraîné une plus forte baisse en 1994 avant une remontée subséquente pour se situer à près de 56 600 $ en 1996. Cette année-là, le revenu familial était moindre que le sommet atteint en 1989 et dépassait seulement de 600 $ le niveau de 1980.

 



Dans ces familles, le revenu moyen par personne est passé d'environ 6 000 $ en 1971, à 17 000 $ en 1980, à 18 900 $ en 1989 avant de glisser à 18 400 $ en 1996.

D'autres mesures sont largement utilisées pour évaluer le revenu familial. Le graphique qui suit remonte à un quart de siècle, soit à 1971. La ligne médiane indique le revenu avant les transferts gouvernementaux. La ligne supérieure présente les niveaux de revenus après l'obtention de transferts gouvernementaux. Le concept utilisé est le même que pour le Graphique 5. La ligne inférieure montre le revenu après impôt. L'importance des paiements de transfert et des impôts s'est accrue proportionnellement aux revenus familiaux. En 1996, les transferts équivalaient à 12 % environ de la ligne supérieure tandis que l'impôt sur le revenu équivalait à environ 21 % de cette même ligne.

 

 

6. La plupart des familles ont connu une baisse de leur revenu dans les années 1990
Le Tableau 1 donne un aperçu de l'expérience des divers types de familles en matière de revenu depuis 1971. La base de mesure est le revenu après impôt. Le total pour l'ensemble des familles est la même série que celle utilisée dans la dernière ligne du Graphique 6.

  • Toutes les familles, à l'exception des familles monoparentales dirigées par un homme, ont obtenu des gains de revenu significatifs si on prend le quart de siècle dans son ensemble. Les gains les plus importants se retrouvent parmi les familles de personnes âgées. Les familles avec enfants où une seule personne gagne un revenu ont enregistré de très modestes gains de revenu pour l'ensemble de cette période.

  • Tous les types de familles ont enregistré des gains de revenu dans les années 1970, et ce sont les personnes âgées qui ont obtenu les gains les plus importants. Pour la plupart des familles autres que de personnes âgées, les seuls gains de revenu au cours du dernier quart de siècle sont intervenus pendant les années 1970.

  • On a continué d'enregistrer des améliorations dans les années 1980 parmi les familles de personnes âgées et un répit temporaire pour les familles monoparentales dirigées par un homme. Les couples mariés sans enfants ont vu leur revenu diminuer tandis que celui des couples mariés avec enfants et des familles monoparentales dirigées par une femme a progressé légèrement.

  • Les années 1990 n'ont pas été bonnes pour les familles. Les familles de personnes âgées et autres que de personnes âgées ont connu d'importantes baisses de revenu. Les familles monoparentales dirigées par un homme ont été les plus touchées. Les couples mariés où les deux partenaires travaillaient ont tout juste pu maintenir leur revenu. La croissance dans le nombre de familles à deux revenus s'est stabilisée au cours des années 1990 (voir Graphique 2), si bien qu'un nombre moins important de couples ont choisi ou ont été en mesure d'ajouter une autre personne gagnant un revenu pour augmenter le revenu familial. Pour les couples mariés, un tel ajout s'est traduit par un revenu supplémentaire de 13 000 $ à 15 000 $ en 1996.

  • Pour la majorité des familles, 1989 a été l'année de pointe au niveau du revenu, mais ce fut en 1980 pour les couples mariés sans enfants.

  • Le revenu moyen a varié selon les groupes d'âge. Nous le montrons pour la période de 1982 à 1996 seulement. Les ménages âgés de moins de 35 ans et de 35 à 44 ans ont connu une croissance très négligeable de 1982 à 1996. À l'inverse, les ménages de personnes plus âgées ont enregistré une hausse sensible de leur revenu.

     

Tableau 1

% changements dans le revenu familial après impôt (en $ de 1996) et par type de famille

71-96

71-80

80-89

89-96

Rev. moyen après impôt

année de pointe

Changement en % entre les périodes indiquées

1996

Toutes les familles

Total

20,5

26,5

0,6

-5,3

45 032 $

1989

Familles de personnes âgées

Total des familles de personnes âgées

40,9

35,8

8,5

-4,3

36 403 $

1989

Couples mariés

52,1

41,5

10,4

-2,6

33 650 $

1989

Autres familles de personnes âgées

41,3

38,9

6,6

-4,6

44 185 $

1989

Familles autres que de personnes âgées

Total

19,5

25,7

0,3

-5,3

46 527 $

1989

Couples mariés / sans enfants

Total

18,2

28,4

-5,6

-2,5

44 091 $

1980

Une personne gagnant un revenu

13,9

23,5

-3,0

-4,9

36 751 $

1980

Deux personnes gagnant un revenu

17,8

25,3

-6,2

0,2

49 712 $

1980

Couples mariés avec enfants

Total

24,7

26,8

3,1

-4,6

50 079 $

1989

Une personne gagnant un revenu

4,7

12,4

1,3

-8,1

36 297 $

1989

Deux personnes gagnant un revenu

21,3

23,4

-1,6

0,0

51 400 $

1989

Familles monoparentales dirigées par une femme

Total

20,7

30,2

1,7

-8,9

21 359 $

1989

Aucune personne gagnant un revenu

34,9

14,9

18,8

-1,1

13 629 $

1993

Une personne gagnant un revenu

23,0

16,7

5,3

0,1

23 962 $

1992

Familles monoparentales dirigées par un homme

Total

-7,6

1,2

14,6

-20,4

31 073 $

1987

Selon l'âge du chef du ménage (familles plus personnes seules)

82-96

moins de 35 ans

1,2

42 097 $

35-44

2,0

54 454 $

45-54

7,9

61 735 $

55-64

9,5

50 145 $

65+

25,6

33 351 $

Source : People Patterns Consulting basé sur Revenu après impôt, répartition selon la taille du revenu au Canada, Statistique Canada

7. La répartition du revenu évolue lentement à l'avantage des groupes de la tranche de revenu supérieure depuis 1969
La répartition du revenu entre les ménages est importante du point de vue de la politique officielle.

  • En 1969, les familles formant les 20 % les plus riches ont eu 35,7 % du revenu global après impôt. Vers 1996, cette proportion était passée à 37,6 %. La part de la richesse possédée par les familles formant les 20 % de la classe moyenne supérieure a connu une légère augmentation.

  • Les trois groupes de familles composés des moins nantis, de la classe moyenne inférieure et de la classe moyenne ont tous perdu du terrain au profit des deux groupes de la tranche de revenu plus élevée.

  • La répartition aurait été encore plus inégale si elle avait été calculée avant impôt et sans tenir compte des transferts. * En d'autres mots, le système de paiements de transfert du gouvernement canadien réduit les inégalités, non seulement entre les différents types de familles, mais à l'intérieur de ces familles. Les familles ayant un revenu marchand moyen relativement faible ont vu leur niveau de revenu augmenter à cause de l'effet combiné de l'impôt sur le revenu et des transferts gouvernementaux, tandis que les types de famille gagnant un revenu marchand relativement élevé paient considérablement plus d'impôt qu'elles ne bénéficient des paiements de transfert.3 +

Source : People Patterns Consulting basé sur Revenu après impôt, répartition selon la taille du revenu au Canada, Statistique Canada

 

8. Les plus jeunes familles sont présentement plus susceptibles de devoir se débrouiller avec de faibles revenus
En utilisant une méthodologie uniforme, Statistique Canada classe certaines familles comme étant à faible revenu (ce que d'aucuns appellent familles pauvres - Statistique Canada met en garde contre un tel usage. Quoiqu'il en soit, la plupart des ménages de ce groupe vivent dans la pauvreté, peu importe la définition donnée à ce mot). En 1996, un ménage de deux personnes vivant dans une ville d'au moins 500 000 habitants était classé comme famille à faible revenu si le revenu total se situait à 21 414 $ ou 10 717 $ par personne. La proportion de familles à faible revenu a reculé dans les années 1970, mais on n'a pas enregistré d'amélioration soutenue depuis lors. Le pourcentage des familles à faible revenu était de 13,2 % en 1980 et de 14,5 % en 1996. Le pourcentage des enfants de moins de 18 ans vivant dans des familles à faible revenu est passé de 15,8 % en 1980 pour s'établir à 21 % environ en 1993, 1995 et 1996.

 

Les développements les plus notables concernent les genres de famille et les tranches d'âge

  • Les familles de personnes âgées ont enregistré des améliorations majeures. Le taux de faible revenu pour les couples de personnes âgées mariées a décliné de plus de 20 % au début des années 1980 pour s'établir à un bas niveau de moins de 6 % en 1990. Les taux concernant l'ensemble des familles de personnes âgées ont progressé récemment.

  • L'année 1984 a été la pire pour l'ensemble des familles autres que de personnes âgées. Il convient de souligner que le taux de 1996 était tout juste inférieur à celui de la pire année.

  • Les couples mariés autres que de personnes âgées, avec ou sans enfants, étaient plus susceptibles de faire partie de la catégorie des familles à faible revenu en 1996 qu'en 1980. Il en est ainsi pour les familles à revenu unique ou double. Lorsqu'une famille à un revenu devient une famille à deux revenus, elle réduit de façon significative le risque de basculer dans la catégorie des familles à faible revenu. En 1996, une famille à un revenu avec enfants était 3,8 fois plus susceptible d'avoir un faible revenu qu'une famille à deux revenus.

  • Le taux de faible revenu le plus élevé se retrouve encore au sein des familles monoparentales dirigées par une femme. La presque totalité de ces familles où personne ne gagne un revenu font partie de la catégorie des faibles revenus.

  • L'âge est un facteur très important. Le taux de faible revenu a plus que doublé chez les familles de moins de 25 ans et a bondi d'environ 75 % chez celles âgées de 25 à 34 ans. Le taux de faible revenu chez les familles dirigées par une personne de 65 ans et plus a diminué de plus de moitié de 1980 à 1996. En 1980, aussi bien les ménages formés de jeunes que de personnes âgées avaient des taux de faible revenu similaires... vers 1996, les jeunes ménages étaient cinq fois plus susceptibles d'avoir un faible revenu. Cela correspond aux gains de revenu présentés dans la section précédente.

Tableau 2

% de familles à faible revenu avant impôt (SFR 1992)

1980

1996

meilleure année

pire année

% de familles à faible revenu

Toutes les familles

Total

13,2

14,5

11,1('89)

15,8('84)

Familles de personnes âgées

Total

19,2

8,7

7,1('94)

20,4('81)

Couples mariés

20,1

7,9

5,9('90)

20,2('81)

Autres familles de personnes âgées

17,3

10,7

7,7('91&'92)

20,9('81)

Familles autres que de personnes âgées

Total

12,4

15,5

11,3('89)

15,6('84)

Couples mariés/sans enfants

Total

6,7

10,0

6,7('80)

10,1('95)

Une personne gagnant un revenu

11,9

12,8

10,2('89)

15,0('95)

Deux personnes gagnant un revenu

1,6

4,0

1,6('80)

4,3('83)

Couples mariés avec enfants

Total

9,7

11,8

8,7('89)

13,1('84)

Une personne gagnant un revenu

16,6

25,0

16,6('80)

27,4('95)

Deux personnes gagnant un revenu

5,8

6,6

5,7('81&'92))

8,3('84)

Familles monoparentales dirigées par une femme

Total

57,3

60,8

52,9('89)

62,3('84)

Aucune personne gagnant un revenu

96,4

96,9

91,7('95)

97,4('83)

Une personne gagnant un revenu

49,0

45,4

40,4('94)

50,7('84)

Familles monoparentales dirigées par un homme

Total

25,4

31,3

18,4('87)

32,3('94)

Selon l’âge du chef de la famille

moins de 25 ans

20,4

42,1

20,4('80)

44,4('94)

25-34 ans

12,1

20,9

12,1('80)

21,1('94)

35-44 ans

12,0

14,8

10,3('88)

15,1('94)

45-54 ans

10,9

10,1

7,0('89)

11,7('84)

55-64 ans

12,2

12,0

9,5('89)

14,0('84)

65 ans et plus

19,2

8,7

7,1('94)

20,4('81)

Source : People Patterns Consulting basé sur Revue chronologique du revenu 1980-1996, Statistique Canada

9. Moins de revenus, plus de rentes
Les salaires et les traitements ainsi que les gains provenant d'un emploi autonome sont en baisse, mais demeurent la principale source du revenu des familles.

  • En 1996, les salaires, les traitements et les gains provenant d'un emploi autonome représentaient environ 79 % des revenus familiaux contre environ 88 % il y a environ 25 ans. La part de revenu provenant de ces sources a enregistré sa chute la plus importante au cours des récessions des années 1980 et 1990. L'augmentation du nombre de familles sans revenus a contribué à cette tendance à long terme (voir Graphique 2).
  • La seconde source la plus importante du revenu familial sont les paiements de transfert gouvernementaux qui sont passés de 6 % environ du revenu en 1971 à quelque 12 % en 1996. Ces transferts ont tendance à augmenter pendant les périodes de récession. La répartition changeante des paiements de transfert est examinée dans la prochaine section.

  • D'autres sources de revenu monétaire, notamment ceux provenant de pensions privées et de paiements de pension alimentaire, forment maintenant la troisième source de revenu la plus importante, ayant passé de 2 % en 1971 à 6 % en 1996, soit un bond de 300 %.
  • La part des revenus d'investissement comme source de revenu familial a diminué. Ce recul est largement dû à une baisse importante des taux d'intérêt qui ont chuté de leurs sommets (près de 20 % pour certains taux) du début des années 1980 jusqu'à la fin de la période. Le déclin se poursuit même si la valeur des actions détenues par les ménages s'est accrue de façon substantielle à compter de 1993 et de 1994. (voir Graphique 15). Il convient de noter que près de la moitié du revenu d'investissement concernait les familles formant les 20 % les plus riches, au milieu des années 1970, 1980 et 1990.

10. Les paiements de transfert gouvernementaux représentent maintenant une plus importante part des revenus

Certains paiements de transfert gouvernementaux ont été regroupés selon quatre grandes catégories. Les données concernant les transferts sont tirées des Comptes nationaux des revenus et des dépenses et portent sur le secteur domestique dans son ensemble.

  • En dollars de 1996, les paiements de transfert pour l'ensemble de ces quatre catégories sont passés de 3 700 $ par ménage en 1971 à environ 7 500 $ en 1995. Ces moyennes comprennent aussi bien les bénéficiaires que les non-bénéficiaires.

  • La tendance la plus soutenue se manifeste dans la catégorie des paiements de rentes parrainées par le gouvernement. En 1971, ces paiements représentaient environ la moitié de tous les paiements de transfert dans les quatre groupes et 55 % de l'ensemble en 1995. En termes de dollars, les paiements ont augmenté d'environ 1 800 $ en 1971 à quelque 4 100 $ en 1995.

  • La catégorie la plus volatile de paiements de transfert concerne l'assurance-chômage et l'indemnisation des accidentés du travail et correspond aux périodes de récession et de croissance économique ainsi qu'à certains changements dans la politique gouvernementale. En 1983, ces paiements équivalaient à 30 % du total contre 19 % seulement en 1995.

  • Les paiements de transfert provinciaux aux fins de secours direct ainsi que d'autres paiements locaux ont augmenté ces dernières années et équivalent maintenant en moyenne à 1 200 $ par ménage, soit le double du montant de 1971.

  • Une quatrième catégorie est intitulée * famille/jeune/autochtone/personnes handicapées plus crédits de TPS + (Les crédits de TPS sont inclus de 1993 à 1995). Les transferts à ce groupe totalisaient environ 770 $ par ménage en 1995 et étaient à leur plus haut niveau depuis la période 1974 à 1979 où ils ont atteint 930 $ par ménage en 1974.

11. Les dépenses des ménages sont très vulnérables aux conditions économiques

Les dépenses de consommation par ménage ont eu tendance à augmenter, mais de façon très cyclique. Ces dépenses sont très liées au cycle économique. Les récessions du début des années 1980 et 1990 ont entraîné une baisse des dépenses moyennes des familles dans des pourcentages similaires d'un peu plus de 9 %.

La moyenne des dépenses par ménage s'est établie tout juste au- dessus de 34 000 $ à la fin des années 1960 puis a bondi pour atteindre 40 000 $ vers 1979. La récession du début des années 1980 a entraîné une baisse de 9,5 % dans les dépenses. La reprise subséquente a permis d'établir un nouveau record de 41 600 $ en 1989. Puis, la récession du début des années 1990 a causé une baisse de 9 %. Vers 1997, la moyenne des dépenses par ménage se situait toujours à 3,5 % en-deçà du sommet de 1989 et à 0,5 % seulement au-dessus de celui de 1979. Les variations dans les dépenses moyennes ont été plus volatiles que celles dans les revenus familiaux moyens.

12. La composition des dépenses change
La structure changeante des budgets des familles de 1969 à 1996 est indiquée dans le Tableau 3.

La consommation totale actuelle telle que mesurée par l'enquête sur les dépenses des familles au Canada a baissé, passant de 79,5 % du budget total des ménages en 1969 à 69,1 % en 1996, soit de 10,4 points de pourcentage. La portion qui n'est pas allouée aux dépenses courantes est absorbée par l'impôt sur le revenu, l'investissement dans la sécurité financière ainsi que par les dons et les contributions. En 1996, l'impôt sur le revenu équivalait à 22,4 % du budget familial total comparativement 13,6 % en 1969. L'impôt sur le revenu par ménage en termes réels a progressé d'environ 5 700 $ en 1969 à 12 500 $ en 1996.

La proportion du budget familial affectée à l'alimentation a glissé de 18,8 % en 1969 à 12,2 % en 1996, soit 6,6 points de pourcentage. La portion des dépenses totales destinées à l'habillement a chuté de plus de moitié entre 1969 et 1996. D'autres chutes très significatives étaient évidentes au chapitre de l'achat d'ameublement et d'équipement, de produits du tabac et de boissons alcoolisées ainsi que des soins médicaux. Des baisses moins importantes se sont manifestées dans le domaine des transports et des soins personnels.

Des accroissements majeurs sont intervenus dans le domaine du logement, de l'entretien ménager et des loisirs. Le fait que la catégorie des divers a presque doublé tient à un accroissement majeur des dépenses

 

Tableau 3

% de répartition et tendances des dépenses familiales

1969

1978

1982

1986

1992

1996

change *

% de répartition

69-96

Alimentation

18,8

16,8

15,4

14,3

12,5

12,2

-6,6

Logement

14,8

15,6

16,9

15,4

17,0

16,5

1,7

Entretien menager

4,0

4,1

4,4

4,3

4,3

4,6

0,6

Ameublement et équipement

4,8

4,6

3,7

3,7

3,1

2,7

-2,1

Habillement

8,3

7,0

6,3

6,4

5,0

4,4

-3,9

Transport

13,1

13,0

12,2

13,6

12,7

12,6

-0,5

Soins médicaux & de santé

3,4

1,9

1,9

1,8

1,9

2,0

-1,4

Soins personnels

2,2

1,6

1,8

1,9

1,9

1,7

-0,5

Loisirs

3,4

5,0

4,6

5,1

5,1

5,5

2,1

Lecture & éducation

1,5

1,2

1,3

1,4

1,5

1,7

0,2

Produits du tabac & alcool

3,7

3,2

3,2

3,1

3,0

2,3

-1,4

Divers

1,6

2,4

2,9

2,6

3,0

2,9

1,3

Total de la consommation courante

79,5

76,3

74,7

73,7

71,0

69,1

-10,4

Impôts personnels

13,6

17,1

18,2

18,9

20,9

22,4

8,8

Sécurité financière

4,5

4,2

4,4

4,6

5,1

5,4

0,9

Dons & contributions

2,4

2,3

2,7

2,8

2,9

3,1

0,7

Dépenses totales

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

* changement dans les points de pourcentage

Source : People Patterns Consulting basé sur Dépenses des familles au Canada, Statistiques Canada

 

13. Les ménages pauvres dépensent beaucoup plus pour se loger

Les revenus élevés entraînent des habitudes de dépense différentes. Les familles formant les 20 % les plus pauvres consacrent près du tiers de leurs dépenses totales au logement, soit une hausse de 8,5 points de pourcentage depuis 1969. Les ménages formant les 20 % les plus riches allouent environ 13 % au logement, une légère augmentation depuis 1969.

L'impôt sur le revenu des particuliers représente plus de 30 % des dépenses totales des ménages formant les 20 % les plus riches, par rapport à 20 % de plus il y a 25 ans. La proportion allouée aux impôts par les familles formant les 20 % les plus pauvres s'est accrue au cours de cette période tout en demeurant en-deçà de 3 %.

Les deux groupes allouent présentement plus d'argent à leur sécurité financière. En effet, les familles formant les 20 % les plus riches épargnent 6 % de leur budget par rapport à 1,6 % pour les familles formant les 20 % les plus pauvres.

 

Tableau 4

% de répartition et des tendances des dépenses par tranche de revenu

Ménages* formant les 20% les plus pauvres

Ménages* formant les 20% les plus riches

1969

1996

1969

1996

%

Changement**

%

Changement**

Alimentation

27,2

18,5

-8,7

14,8

9,6

-5,2

Logement

23,3

31,8

8,5

12,8

13,2

0,4

Entretien ménager

5,1

6,6

1,5

3,8

4,0

0,2

Articles et accessoires d’ameublement

3,9

2,5

-1,4

4,8

2,6

-2,2

Habillement

6,9

4,0

-2,9

8,3

4,4

-3,9

Transport

9,5

10,6

1,1

13,1

11,6

-1,5

Soins médicaux et de santé

5,3

2,9

-2,4

2,7

1,6

-1,1

Soins personnels

2,3

2,3

0,0

1,9

1,4

-0,5

Loisirs

2,4

4,5

2,1

3,9

5,5

1,6

Lecture et education

1,5

1,9

0,4

1,6

1,7

0,1

Tobac et alcool

4,0

3,6

-0,4

3,3

1,7

-1,6

Divers

1,7

2,8

1,1

1,4

2,8

-1,4

Consommation totale actuelle

93,3

91,9

-1,4

72,4

60,2

-12,2

Impôts personnels

2,1

2,8

0,7

19,6

30,4

10,8

Sécurité

1,3

1,6

0,3

5,2

5,9

0,7

Dons et contributions

3,3

3,7

0,4

2,8

3,4

0,6

Dépenses totales

100,0

100,0

100,0

100,0

* Les ménages comprennent les familles et les personnes seules

** Changement dans les points de pourcentage

Source : People Patterns Consulting basé sur Dépenses des familles au Canada, Statistique Canada

 

14. Les familles monoparentales consacrent aussi plus de ressources au logement

Les familles monoparentales dirigées par une femme consacrent environ le quart de leurs dépenses au logement (logement et fonctionnement du ménage) par rapport à 16 % pour les familles comprenant deux adultes, avec ou sans enfants.

L'alimentation constitue aussi une dépense importante pour les familles monoparentales. La proportion du budget total consacré à l'alimentation a diminué pour les trois types de familles du tableau, la plus grande diminution se trouvant dans les deux types de familles comprenant deux adultes.

Les familles comprenant deux adultes affectent environ le quart de leurs dépenses à l'impôt sur le revenu, soit le double de ce qu'y consacrent les familles monoparentales dirigées par une femme. Tous ces groupes paient maintenant plus d'impôt qu'en 1969.

 

Tableau 5

% de répartition et tendances des dépenses par types de famille

2 adultes/

2 adultes/

parent seul/femme

sans enfants

environ 2 enfants**

chef de famille

1969

1996

changement*

1969

1992

changement*

1986

1996

changement*

%

%

%

Alimentation

16,8

11,5

-5,3

18,1

12,2

-5,9

17,4

15,2

-2,2

Logement

15,8

16,5

0,7

16,1

15,5

-0,6

22,1

24,3

2,2

Entretien ménager

3,9

4,1

0,2

4,6

4,8

0,2

6,2

6,4

0,2

Articles et accessoires d’ameublement

4,9

3,0

-1,9

5,1

2,6

-2,5

3,3

2,5

-0,8

Habillement

6,6

3,9

-2,7

7,7

4,6

-3,1

7,1

5,1

-2,0

Transport

13,6

12,2

-1,4

12,5

12,9

0,4

10,5

10,5

0,0

Soins médicaux et de santé

3,5

2,2

-1,3

3,2

1,9

-1,3

1,9

2,0

0,1

Soins personnels

2,1

1,6

-0,5

2,1

1,7

-0,4

2,6

2,4

-0,2

Loisirs

3,5

5,4

1,9

3,4

5,6

2,2

5,0

5,6

0,6

Lecture et éducation

1,1

0,9

-0,2

1,2

2,0

0,8

2,0

2,4

0,4

Tobac et alcool

3,9

2,4

-1,5

3,7

2,0

-1,7

3,3

2,3

-1,0

Divers

1,7

2,8

1,1

1,6

2,8

1,2

2,3

2,7

0,4

Consommation totale actuelle

77,5

66,4

-11,1

79,2

68,6

-10,6

83,6

81,3

-2,3

Impôts personnels

14,7

24,1

9,4

14,1

23,3

9,2

10,3

12,2

1,9

Sécurité

4,3

4,7

0,4

4,8

6,1

1,3

4,1

4,4

0,3

Dons et contributions

3,5

4,7

1,2

1,9

2,1

0,2

2,0

2,2

0,2

Dépenses totales

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

* changement dans les points de pourcentage

** 1,8 enfants en 1996

Source : People Patterns Consulting basé sur Dépenses des familles au Canada, Statistique Canada

 

15. Estimer le taux d'épargne : un exercice plus difficile qu'avant

Le taux d'épargne des particuliers a été et demeure la façon traditionnelle de mesurer l'épargne du secteur domestique. Il mesure l'épargne comme pourcentage du revenu personnel disponible, soit le revenu après impôt. Le taux d'épargne des particuliers a eu tendance à croître et à décroître en fonction du taux de chômage. Cela est dû au fait que les épargnes des chômeurs diminuent tandis qu'elles augmentent chez les personnes ayant encore un emploi, mais qui craignent de le perdre. Selon une étude de la Banque du Canada, ce comportement préventif compense largement toute désépargne par l'ensemble des personnes sans emploi. Ainsi, dans l'économie en général, le taux d'épargne a tendance à augmenter lorsque le taux de chômage augmente et à baisser de pair avec lui. +.5

Lorsque l'économie s'est améliorée après la récession du début des années 1990, le taux d'épargne habituel des particuliers a baissé (comme semble l'indiquer la théorie). Cependant, la diminution escomptée du taux d'épargne des particuliers a été beaucoup plus marquée... tombant à moins de 2 % en 1997, le plus bas taux jamais enregistré. Le taux de 1996 était le troisième plus bas jamais enregistré. Les bas taux d'épargne records indiquent que la stagnation dans la croissance du revenu des années 1990 n'a peut-être pas permis aux ménages d'épargner davantage. Par conséquent, un ralentissement de l'économie pourrait inciter les consommateurs à dépenser encore moins que pendant les récessions précédentes parce que leurs épargnes sont très faibles.

Le faible niveau d'épargne a provoqué des discussions sur l'utilité de la méthode de mesure traditionnelle. Selon le service des affaires économiques de la CIBC, d'autres méthodes pourraient être plus appropriées.6 L'une d'elles est la * changement de la valeur nette + annuelle qui comprend des changements dans les actifs et les passifs financiers et non financiers et qui tiennent compte des gains ou des pertes en capital provenant de l'appréciation des actifs, de la propriété, de la détention de titres, etc. À l'instar du ratio d'épargne des particuliers, ces changements concernent le secteur domestique dans son ensemble et non pas spécifiquement les ménages.

Le Graphique 13 considère ce * changement du ratio de la valeur nette + comme pourcentage du revenu disponible. Certaines tendances semblent évidentes pour ce ratio qui avait atteint des sommets en 1973, 1974 et 1980 quand il représentait environ 60 % du revenu disponible. Ce ratio a chuté à ses deux plus bas niveaux en 1990 (15 %) et en 1995 (18 %). Il a eu tendance à augmenter dans les années 1960 et 1970 et à reculer depuis lors. Il s'agit d'une tendance similaire à celle du taux d'épargne des particuliers. Les récessions ont fait chuter le ratio tandis que les reprises économiques l'ont fait augmenter. Le ratio a toujours été plus élevé que le taux d'épargne habituel des particuliers. Il a augmenté en 1996 et 1997 tandis que le taux d'épargne des particuliers a baissé. (La valeur nette accumulée dans le Graphique 14 est basée sur les changements accumulés dans ce ratio).

 

Une nouvelle mesure expérimentale, le * ratio d'épargne particulier au ménage +, a été développée pour le présent rapport à partir de l'enquête sur les Dépenses des familles au Canada. Cette nouvelle mesure a l'avantage de représenter le seul taux pouvant aussi être calculé pour différents types de famille ou ménage (voir Tableau 6).

Le ratio est basé sur le changement net des actifs et des passifs lorsque ces transactions interviennent. Il comprend les transactions résultant en changements nets dans les soldes de comptes bancaires, l'argent liquide, l'argent dû au ménage et par le ménage, l'achat et la vente d'actions et d'obligations, les biens personnels et les biens immobiliers, les dépenses relatives au foyer ainsi que les contributions et les retraits de programmes d'épargne-retraite. Les gains ou pertes potentiels en actifs ne sont calculés qu'au moment où ils font partie d'une transaction.

Le * ratio d'épargne particulier au ménage + a tenu compte de la tendance générale du taux d'épargne des particuliers, sauf pour l'enquête de 1996. Ce ratio a été plus faible que le taux d'épargne habituel des particuliers, sauf en 1996. Il s'établissait à 2 % en 1969, a dépassé 7,5 % en 1978, avant de passer à 9,2 % pendant la récession du début des années 1980. Il a de nouveau chuté à près de 5,4 % en 1986, puis à 4,4 % en 1992 (quand il aurait dû commencer à augmenter), mais a connu une forte hausse en 1996 pour se fixer à 8,8 %.

Tout compte fait, les gens épargnent-ils autant qu'avant? Probablement pas..., mais il est difficile de l'affirmer avec certitude. Le * taux d'épargne habituel des particuliers + laisse entendre que l'épargne annuelle est à son plus bas. Le * changement dans le ratio de la valeur nette + semble indiquer une légère amélioration de celle-ci, même si elle demeure faible par rapport aux normes historiques. Le * ratio d'épargne particulier au ménage + est à son plus haut niveau depuis 1982. (Il faut plus de recherche concernant ce nouveau ratio d'épargne).

16. Les taux d'épargne diffèrent selon le type de ménage

En 1996, selon le * ratio d'épargne particulier au ménage +, les ménages formant les 20 % les plus riches ont épargné plus de 18 % de leur revenu après impôt tandis que les ménages formant les 20 % les plus pauvres avaient une désépargne de 13 %.

Le * ratio d'épargne particulier au ménage + de 1996 indique que tous les types de ménage du Tableau 6 épargnaient davantage ou avaient une désépargne plus faible en 1996 qu'en 1992 et 1986. Trois types de ménage ont en fait épargné davantage par rapport aux records établis en 1982. Il s'agissait de ménages formés de deux adultes avec enfants, de propriétaires ayant un emprunt hypothécaire et des ménages formant les 20 % les plus riches.

 

Tableau 6

« Ratio d’épargne particulier au ménage » * comme % du revenu disponible

1969

1978

1982

1986

1992

1996

Tous les ménages

2,0

7,5

10,0

5,1

4,5

8,8

2 adultes, sans enfants

5,7

10,7

13,8

7,8

7,0

11,3

Tous les locataires

0,0

s/o

4,3

-0,5

-1,1

1,4

Propriétaires sans hypothèque

3,2

s/o

16,9

12,4

10,1

12,0

Propriétaires avec hypothèque

3,7

s/o

7,9

3,2

3,3

8,9

Ménages formant les 20 % les plus pauvres

-20,6

-8,6

-5,2

-8,7

-15,8

-13,1

Ménages formant les 20 % les plus riches

10,1

13,0

17,8

14,0

14,0

18,4

Toutes les familles de 2 personnes ou plus

2,3

7,6

10,2

5,4

4,9

9,3

2 adultes, 2 enfants**

0,6

4,1

8,5

5,1

4,9

9,7

Femme chef de la famille monoparentale

s/o

s/o

s/o

-4,0

-5,6

1,3

* Changements nets pendant l’année de l’enquête concernant la valeur des actifs et des passifs ayant fait l’objet de transactions.

** Moyenne de 1,8 en 1996

Source : People Patterns Consulting basé sur Dépenses des familles au Canada, Statistique Canada

 

 

17. La valeur nette tend à augmenter, mais demeure vulnérable aux cycles économiques

Les mesures globales de la valeur nette sont estimées annuellement pour le secteur domestique et l'ensemble du Canada. On obtient ces données annuelles par le biais d'une enquête effectuée auprès des institutions financières. Elles sont publiées dans les Comptes du bilan national. Des estimations détaillées basées sur les enquêtes menées auprès des ménages sont préparées rarement, les dernières remontant à 1984. Certains résultats de ces dernières sont examinés dans les graphiques 18, 19 et 20 de la section suivante. La prochaine enquête sur la richesse des ménages est prévue pour 1999 et les résultats seront disponibles en l'an 2000.

La valeur nette représente l'ensemble de l'épargne annuelle réalisée au cours d'une période donnée. Le changement annuel de la valeur nette se trouve au Graphique 13.

Les graphiques 14 à 17 résument les tendances dans les actifs et les passifs ainsi que la valeur nette au niveau global. Toutes les estimations sont exprimées en dollars constants. Les ratios des passifs par rapport aux actifs se trouvent au Graphique 22.

  • La valeur nette (actifs moins passifs) s'est améliorée avec le temps grâce aux baisses associées aux périodes de récession et aux augmentations liées aux périodes de reprise.
  • La valeur nette par ménage représentait 148 000 $ en 1965 et 211 000 $ en 1997, soit une augmentation de 42 % pour la période. Au cours de la même période, les actifs (ce que les ménages possèdent ou ce qu'on leur doit) avaient augmenté de 47 % tandis que les passifs (ce que les ménages doivent) avaient augmenté beaucoup plus rapidement, soit de 76 %. (Comme tel, le ratio des passifs totaux par rapport aux actifs totaux ont augmenté avec le temps comme le démontre le Graphique 22).


  • Les actifs non financiers représentent maintenant une plus petite partie de tous les actifs. En 1965, tant les actifs non financiers que financiers avaient une valeur approximative de 87 500 $ par ménage pour un total de 175 000 $. En 1997, les actifs non financiers atteignaient 142 000 $ en moyenne par ménage, avec des actifs financiers évalués à 116 000 $.
  • Le Graphique 15 démontre que l'assurance-vie et les rentes constituent maintenant l'élément le plus important (46 000 $ par ménage) des actifs financiers par rapport à 1965 où ils étaient plus faibles que les actions, l'argent liquide et les dépôts. L'assurance-vie et les rentes comprennent les passifs des compagnies d'assurance-vie envers les détenteurs de polices, des régimes de pension fiduciaire envers les particuliers et les passifs des pensions du gouvernement fédéral.

  • La valeur des actions par ménage a été relativement stable de 1965 au début des années 1990. La valeur des actions est passée de 27 000 $ par ménage en 1992 à plus de 40 000 $ en 1997, soit une augmentation d'environ 50 %.

  • Les Obligations d'épargne du Canada et d'autres actifs financiers représentent une portion décroissante des actifs financiers.

  • Les immeubles résidentiels et les terrains représentent maintenant plus des trois quarts de tous les actifs non financiers par rapport aux deux tiers en 1965.
  • La valeur marchande des immeubles résidentiels a atteint un sommet de 54 600 $ par ménage en 1994 tandis que la valeur marchande des terrains atteignait un maximum de 36 000 $ par ménage en 1980. La valeur des biens de consommation durables détenus par les ménages a atteint un point culminant de 27 000 $ par ménage en 1979. Comme dans d'autres graphiques et tableaux, ces estimations sont mesurées en dollars constants de 1996.


  • L'ensemble des passifs est passé de 27 000 $ par ménage en 1965 à plus de 47 000 $ en 1997.
  • Comme l'indique le Graphique 17, le montant des hypothèques par ménage ont doublé au cours de la période. En 1997, elles sont passées à plus de 31 000 $ par rapport à moins de 15 000 $ en 1965. En moyenne, les prêts à la consommation des ménages canadiens se situent à 10 500 $ environ, un montant identique à celui de la fin des années 1970, mais plus élevé que la moyenne de 7 000 $ enregistrée au milieu des années 1960. Les prêts à la consommation couvrent le crédit accordé à des personnes pour l'achat de biens de consommation et de services. Le Graphique 22 indique que le ratio des prêts à la consommation par rapport à la valeur des biens de consommation durables a atteint un nouveau sommet en 1997.

18. Une mesure ancienne mais utile de la valeur nette

Trois enquêtes antérieures de Statistique Canada, couvrant les années 1970, 1977 et 1984, ont collecté des données sur la richesse directement auprès des ménages. Les enquêtes sur les ménages n'ont pas recueilli d'information sur les biens liés aux rentes. Comme indiqué plus tôt, la prochaine enquête sur la valeur nette des ménages ne sera pas disponible avant l'an 2000. Les enquêtes antérieures donnent une idée de la répartition de la richesse selon l'âge, le revenu et d'autres caractéristiques.

Le Graphique 18 compare les estimations de la valeur nette tirées de trois enquêtes sur les ménages avec l'enquête annuelle des Comptes du bilan national. En 1984, la valeur nette s'établissait à environ 125 000 $ par ménage (en $ de 1996) selon l'enquête sur les ménages comparativement à une estimation de 150 000 $ tirée des Comptes du bilan national, en excluant les rentes, et d'à peu près 175 000 $ en incluant les rentes. (La dernière barre est de la même série que celle apparaissant à la ligne médiane du Graphique 14).



19. La valeur nette atteint son maximum dans les ménages dont les membres sont âgés de 55 à 64 ans
La répartition des actifs, des dettes et de la valeur nette selon l'âge est indiquée dans le graphique ci-après tiré de l'enquête réalisée en 1984 sur les ménages. Cette année-là, la valeur nette et les actifs par ménage ont atteint un sommet de plus de 200 000 $ (en $ 1996) dans les ménages dirigés par des personnes de 55 à 64 ans. Par contraste, l'endettement total a atteint un sommet de 31 000 $ dans les ménages des 35 à 44 ans.

 

 
20. La valeur nette est très inégalement répartie

L'enquête sur les ménages permet d'analyser la répartition de la richesse.

  • En 1970 et en 1984, les familles formant les 20 % les plus riches détenaient environ les deux tiers de l'ensemble de la valeur nette, ponctuée d'une légère baisse entre les deux années. (Des études de suivi indiquent que les familles à revenu élevé ont tendance à sous-déclarer leur valeur nette). Les familles formant les 20 % les plus pauvres avaient plus de dettes que d'actifs en 1970 et ont à peine équilibré leur budget en 1984.

  • En 1984, les 20 % des familles formant la classe moyenne inférieure, moyenne et moyenne supérieure détenaient respectivement 4,3 %, 10,7 % et 19,7 % de la valeur nette.

21. Les ménages sont-ils surmenés?

La section 17 indiquait que les passifs et les dettes avaient augmenté beaucoup plus vite que les actifs. Plusieurs indicateurs semblent démontrer que les ménages canadiens souffrent d'un niveau de stress grandissant. Une enquête réalisée en juillet 1998 par Angus Reid a révélé que 54 % des Canadiens éprouvent plus de difficulté à joindre les deux bouts par rapport à 38 % en 1989.7

  • ;Depuis de nombreuses années, une mesure normalisée du stress financier a consisté à comptabiliser l'ensemble des dettes/passifs comme pourcentage du revenu disponible. Cette mesure est une approximation de la capacité d'un propriétaire/locataire d'honorer ses paiements de crédit. Au milieu des années 1960, le passif total égalait environ 72 % du revenu disponible. Ce ratio a augmenté au début des années 1970, diminué au milieu de ces mêmes années et atteint 88 % en 1979. La récession du début des années 1980 a fait que les ménages et les prêteurs ont raffermi leurs situations financières. En 1984, le ratio avait plongé de nouveau aux très faibles niveaux du milieu des années 1960. Depuis lors, il a augmenté de façon spectaculaire pour atteindre de nouveaux sommets en 1988, dépasser la marque du 100 % en 1993 et atteindre le cap de 114 % en 1997.

  • Le Graphique 22 fournit d'autres mesures pour évaluer le stress financier. Les trois premières ont toutes atteint des niveaux records en 1997. Le crédit à la consommation comme pourcentage de la valeur des biens de consommation durables a atteint 47 %. Les hypothèques représentaient 35 % de la valeur des immeubles résidentiels et des terrains. Les dettes/les passifs totaux comme pourcentage des actifs financiers * liquides + se sont établis à 22 %. Le ratio de 18 % des dettes/passifs par rapport aux actifs totaux était très près, mais ne se trouvait pas au niveau record établi en 1990. Une correction des marchés boursiers par rapport à leurs niveaux de 1997 pourrait facilement pousser ce ratio à de nouveaux sommets... cela s'est peut-être produit en 1998. Comme indiqué plus tôt (Graphique 15), une grande partie de l'augmentation des actifs totaux était composée d'actions et de rentes qui dépendent largement du cours des actions.

  • Une autre mesure indique qu'une proportion grandissante du budget familial sert à payer les intérêts. En 1969, les intérêts hypothécaires, conjugués aux intérêts sur le crédit à la consommation, représentaient 3 % des dépenses après impôts par rapport à 5,6 % en 1996.8

Les conditions récentes sont précaires et pourraient empirer tout ralentissement de l'économie. La Section 11 indiquait que les dépenses des ménages diminuent sensiblement pendant les récessions. Des charges de la dette plus élevées pourraient rendre la prochaine diminution encore plus considérable.

La question de savoir si les niveaux actuels d'endettement sont à des niveaux de crise pourraient dépendre de qui est endetté. L'enquête sur les ménages de 1984 a constaté que l'endettement, comme pourcentage des actifs, était plus élevé parmi les ménages plus jeunes, soit de 37 % dans les ménages dont le chef avait moins de 25 ans, de 29 % pour celui âgé de 35 à 44, 10 % pour celui âgé de 45 à 54 ans, 5 % pour celui âgé de 55 à 64 ans et moins de 2 % pour les ménages dont le chef avait 65 ans et plus.9 Le fait que les familles plus jeunes ont généralement des revenus plus faibles indiquent que les ménages dont le chef a moins de 45 ans pourraient maintenant supporter une proportion encore plus importante de l'endettement total.

22. Possession d'équipement ménager : une autre façon de mesurer les actifs

Une autre façon d'estimer les actifs d'un ménage consiste à déterminer le genre de maison qu'il occupe et les articles qu'il possède. La section 21 indique qu'on s'endette de plus en plus pour acquérir ces actifs.

Le Tableau 7 démontre clairement que les Canadiens possèdent maintenant plus d'à peu près tout. Les tableaux 8 et 9 semblent indiquer que ce ne sont pas tous les ménages qui ont participé également à l'acquisition d'actifs. Cela est particulièrement vrai pour les ménages plus jeunes.

Plusieurs tendances sont évidentes de 1977 à 1997 pour tous les ménages et à partir de 1982 pour différents types de ménage.

  • La taille des logements s'est accrue d'une demi-pièce. La croissance la plus rapide entre 1982 et 1997 s'est produite parmi les ménages formés de personnes âgées et de couples.

  • L'accession à la propriété est restée stable. Quoiqu'il en soit, depuis 1982, elle a augmenté parmi les ménages formés de personnes de 55 ans et plus, mais a diminué pour tous les autres groupes d'âge. Elle a aussi progressé parmi les familles sans enfants, mais a diminué pour celles avec enfants, en particulier les femmes chefs de famille monoparentale.

  • Le pourcentage des maisons ayant besoin de réparations majeures a considérablement chuté.

  • Le taux de propriété pour tous les articles choisis a augmenté, sauf pour les automobiles.

  • Presque tous les ménages possèdent maintenant un réfrigérateur, un télécouleur, un téléphone et un détecteur de fumée (mais seulement la moitié ont un extincteur portatif d'incendie).

  • Plus de 8 ménages sur 10 ont un four à micro-ondes, un magnétoscope, un véhicule et 2 radios ou plus. Le pourcentage de possession d'automobiles a diminué; par contre, on retrouve un nombre grandissant de fourgonnettes et de camions. La possession de véhicules a diminué parmi les ménages dont le chef a moins de 55 ans et augmenté pour ceux au-dessus de cet âge.

  • Plus des trois quarts des ménages possèdent une laveuse et une sécheuse.
  • Près de la moitié des ménages ou plus possèdent maintenant un lecteur de disques compacts, un congélateur, un barbecue à gaz, un extincteur portatif d'incendie et un lave-vaisselle automatique.
  • Environ le tiers des ménages ont déjà un ordinateur et près de 30 % ont un appareil de climatisation. Moins de 20 % possède un caméscope.

Tableau 7

Caractéristiques du logement et équipement ménager du ménage*

1977**

1982

1987

1992

1997

changement***

77-97****

Pièces par logement

5,45

5,62

5,73

5,85

5,89

0,44

% qui possède un logement

64,2

62,6

61,6

62

64,3

0,1

% des propriétaires avec emprunt hypothécaire

56,1

54,5

50,3

49,8

52,2

-3,9

% des logements ayant besoins de réparations majeures

12,9

10,5

10,2

8,0

-4,9

% des ménages avec certains articles – classés selon le taux de possession

Réfrigérateurs

99,4

99,7

99,1

99,4

99,8

0,4

Télécouleurs

67,8

84,6

94,3

97,4

98,7

30,9

2 ou plus

5,3

12,0

27,5

42,0

51,9

46,6

Téléphones

96,4

97,8

98,4

98,7

98,6

2,2

2 ou plus

30,0

38,2

56,9

69,9

74,5

44,5

Détecteurs de fumée

38,5

76,5

89,8

96,1

57,6

Fours à micro-ondes

4,7

10,2

42,9

75,6

86,3

81,6

Magnétoscopes

45,1

73,6

84,7

39,6

Véhicules possédés

82,9

82,6

83,2

0,3

Une automobile

54,5

52,3

53,4

52,0

52,3

-2,2

2 automobiles ou plus

24,4

28,0

24,9

19,9

20,1

-4,3

Fourgonnettes et/ou camions

23,1

26,5

32,8

9,7

Radios - 2 ou plus

69,6

69,5

75,2

76,7

81,1

11,5

Laveuses automatique

66,1

70,2

75,0

78,4

12,3

Sécheuses

56,9

65,8

68,6

73,2

76,7

19,8

Télécable

59,1

67,7

71,5

73,7

14,6

Lecteurs de disques compacts

27,1

58,1

31,0

Congélateurs

47,4

53,7

56,4

56,9

55,9

8,5

Barbecues à gaz

50,0

53,9

3,9

Extincteurs portatifs d’incendie

39,6

48,7

53,1

13,5

Lave-vaisselle automatique

21,8

32,7

39,1

43,7

48,5

26,7

Ordinateurs personnels

20,0

36,0

16,0

Appareils de climatisation

15,3

16,0

19,7

26,8

29,1

13,8

Caméscopes

10,1

17,7

7,6

* Comprend les familles et les personnes seules

** Certains estimations de 1977 se réfèrent à des années voisines

*** Changement dans les points de pourcentage

**** Certaines périodes de changement ne commencent pas en 1977

Source : People Patterns Consulting basé sur L’équipement ménager, Statistique Canada

 

Tableau 8

Caractéristiques du logement et équipement ménager selon le type de famille*

1982

1987

1997

changement**

82-97

Pièces par ménage

Familles avec enfants

6,26

6,56

6,72

0,46

Parents seuls avec enfants

5,40

5,32

5,51

0,11

Familles sans enfants

5,67

5,92

6,22

0,55

% possédant une maison

Familles avec enfants

73,6

72,7

71,0

-2,6

Parents seuls avec enfants

39,4

34,4

32,3

-7,1

Familles sans enfants

71,3

72,2

77,7

6,4

% des propriétaires avec emprunt hypothécaire

Familles avec enfants

71,7

68,4

72,5

0,8

Familles sans enfants

39,6

35,4

40,2

0,6

Parents seuls avec enfants

65,7

63,9

67,4

1,7

% possédant des véhicules

Familles avec enfants

90,9

90,2

-0,7

Parents seuls avec enfants

62,3

66,1

3,8

Familles sans enfants

89,9

91,8

1,9

* avec ou sans enfants célibataires de moins de 18 ans

** Changement dans les points de pourcentage

Source : People Patterns Consulting basé sur Équipement ménager selon le revenu et d’autres caractéristiques, Statistique Canada

 

 

Tableau 9

Caractéristiques du logement et équipement ménager selon le groupe d'âge

1982

1987

1997

changement*

82-97

Pièces par ménage

Moins de 35 ans

5,13

5,15

5,24

0,11

35-44 ans

6,15

6,38

6,27

0,12

45-54 ans

6,20

6,49

6,49

0,29

55-64 ans

5,73

5,96

6,24

0,51

65+ ans

5,00

5,18

5,39

0,39

% de propriétaires

Moins de 35 ans

44,0

40,4

42,2

-1,8

35-44 ans

72,4

71,0

66,7

-5,7

45-54 ans

78,2

76,9

75,0

-3,2

55-64 ans

75,5

76,2

77,6

2,1

65+ ans

64,6

63,8

68,4

3,8

% des propriétaires avec emprunt hypothécaire

Moins de 35 ans

83,4

78,7

82,2

-1,2

35-44 ans

75,6

70,4

73,3

-2,3

45-54 ans

53,8

52,3

56,8

3

55-64 ans

32,7

27,3

33,5

0,8

65+ ans

12,4

12,3

14,2

1,8

% possédant des véhicules

Moins de 35 ans

82,1

79,5

-2,6

35-44 ans

90,2

87,9

-2,3

45-54 ans

91,7

89,9

-1,8

55-64 ans

87,5

88,2

0,7

65+ ans

64,6

72,0

7,4

* Changement dans les points de pourcentage

Source : People Patterns Consulting basé sur Équipement ménager selon le revenu et d'autres caractéristiques, Statistique Canada

 

23. Conclusion

Le présent rapport est un document de base qui trace les tendances financières majeures concernant les familles au cours des dernières décennies et jusqu'à ce jour. Nous espérons qu'il sera considéré et utilisé comme document d'information pour les discussions sur les politiques. Les politiques axées sur les familles ou qui ont des impacts indirects sur elles devraient être basées sur la réalité changeante et toutes les complexités connexes.

Le tableau de la page 1 fournit un sommaire des points saillants par sujet et période de temps.

Quelques tendances et points clés ressortent.

  • Selon une perspective financière, les années 1980 et 1990 sont devenues plus difficiles pour la plupart des types de familles au Canada.

  • Les années 1950, 1960 et 1970 ont été une période de croissance rapide pour les revenus et de déclins marqués pour les taux de faible revenu. Les revenus familiaux moyens sont passés d'environ 23 000 $ en 1951 à 56 000 $ en 1980. Tous les types de familles ont vu leurs revenus augmenter dans les années 1970.

  • La tendance à long terme d'une croissance solide du revenu familial s'est brusquement arrêtée au début des années 1980. Le début des années 1980 et 1990 a été marqué par d'importantes récessions qui ont maintenu les taux de chômage relativement élevés. En 1996, le revenu familial dépassait de 600 $ seulement son niveau de l'année 1980. Ce tableau de revenus pratiquement inchangés a coïncidé avec une faible amélioration des mesures du faible revenu et des taux d'épargne plus bas.

  • Les dépenses des ménages ont été plus volatiles que les revenus. On a enregistré de fortes baisses dans les dépenses au cours des deux dernières récessions. Les dépenses repartent maintenant à la hausse, mais elles semblent de plus en plus financées par des épargnes plus faibles et des emprunts accrus contre une valeur nette croissante. L'augmentation de l'endettement a été si importante que plusieurs indicateurs de stress financier ont maintenant atteint de nouveaux sommets. Que ces degrés d'endettement soient à des niveaux de crise ou non dépend de leur répartition. Des données incomplètes laissent entendre que les familles plus jeunes assument peut-être à l'heure actuelle une plus grande partie d'endettement par rapport à leur revenu.

  • Les habitudes de dépenses ont changé à long terme. Les budgets sont maintenant moins axés sur l'alimentation, l'ameublement et l'équipement, les produits du tabac, l'alcool et les soins médicaux. La portion du budget alloué aux vêtements a diminué de moitié. Les impôts représentent maintenant une partie plus substantielle du budget familial qu'il y a trente ans. Les coûts du logement ont aussi augmenté.

  • Les ménages possèdent maintenant plus de presque tout. Cependant, l'accession à la propriété a diminué pour les ménages dont les chefs ont moins de 35 ans, entre 35 et 44 ans et entre 45 et 54 ans, mais augmenté pour les ménages dont les chefs ont 55 ans et plus.

  • La répartition changeante des revenus, des dépenses, des épargnes et des dettes demeure un problème important. La question de la répartition va bien au-delà d'une simple comparaison entre les riches et les pauvres. Elle concerne aussi différents groupes d'âge et divers types de famille. Les tendances à long terme indiquent que les riches (les 40 % situées en haut de l'échelle) possèdent en fait un plus gros morceau du gâteau par rapport à tous les groupes plus bas sur l'échelle du revenu. Ces mêmes tendances démontrent aussi que les jeunes familles perdent du terrain. Les familles à revenu unique et les familles monoparentales ont été les plus touchées dans les années 1990.

  • Certaines questions ont besoin d'être approfondies. Il faut encore traiter de la question de l'épargne, de la répartition de l'épargne, des dettes et des actifs et de ce qui constitue le faible revenu ou la pauvreté.

La réalité est que tous les changements ne surviennent pas au même rythme. Certains changements se produisent rapidement tandis que d'autres reflètent les mouvements cycliques de l'économie. Certains changements prennent des années à émerger et encore plus longtemps à être acceptés par les Canadiens. Cette réalité signifie que certaines questions ont tendance à être analysées et débattues pendant des années avant que l'on atteigne des conclusions fermes. Des actions pour modifier les orientations indésirables du changement peuvent prendre plus de temps encore. Le présent rapport permettra de déterminer certains domaines où il faut agir.

Il devrait être considéré comme une autre étape pour tenter de comprendre la dynamique des finances familiales. Des mises à jour régulières peuvent être examinées et discutées avant qu'elles deviennent encore plus difficiles à traiter. Qui plus est, les tendances et les prévisions relatives aux finances familiales devraient être placées dans le contexte de la composition démographique changeante des familles canadiennes au cours des 10 à 20 prochaines années.

Les familles en valent la peine.

Notes en fin de texte

1 Michael Hatfield, La fluctuation du revenu des familles au Canada de 1984 à 1993 : Effets du marché, des mesures gouvernementales et des facteurs démographiques, Développement des ressources humaines Canada, W-96-9F, novembre 1996.

2 Reginald Bibby, Social Trends Canadian Style, Stoddart, 1995, p. 7.

3Michael Hatfield, La fluctuation du revenu des familles au Canada de 1984 à 1993 : Effets du marché, des mesures gouvernementales et des facteurs démographiques, Développement des ressources humaines Canada, W-96-9F, novembre 1996.

4 Statistique Canada, Dépenses des familles au Canada, 1996.

5 Revue de la Banque du Canada, Note sur l'évolution du taux d'épargne des particuliers au Canada, Printemps 1993.

6 CIBC Economics by Derek Jones, The Personal Savings Rate: Is it an Appropriate Measure of Personal Financial Health?, décembre 1997.

7 Groupe Angus Reid, Communiqué sur la page Web, 4 août 1998.

8 Statistique Canada, Dépenses des familles au Canada, 1996.

9 People Patterns Consulting basé sur une totalisation spéciale en utilisant l'Enquête sur les finances des consommateurs.


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