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Imprimé du site web de l'Institut Vanier de la famille www.ivfamilley.ca. Droits d'auteur 2007. Le 9 janvier 2006 ‘On n’a pas toujours ce qu’on veut’ Les débats ont fait rage au cours des récentes élections sur la meilleure façon de soutenir la santé et le bien-être des familles canadiennes et sur comment elles s’occupent de leurs enfants. La bonne nouvelle est que les circonstances et les besoins des parents et des enfants du Canada ont occupé une place prioritaire sur l’écran radar de la campagne. La mauvaise nouvelle dans ce processus est que les politiciens ont opposé les intérêts légitimes de certaines familles à ceux tout aussi légitimes d’autres familles — avec le résultat que « la famille », l’institution que les Canadiens nous disent être la plus importante pour eux, se trouve ballottée de tous côtés dans des jeux politiques éloignés des besoins et des espoirs quotidiens des vraies familles. Les familles sont, dans tous les cas, principalement responsables des soins à leurs enfants, peu importe si d’autres fournissent des soins complémentaires. L’idée d’un programme de garde à l’enfance soulève beaucoup de questions : qui s’en occupe? De quoi aurait l’air un réseau national de garde à l’enfance? Si nous avons besoin d’un tel système, pour qui le mettronsnous en place, où et à quel prix? Il s’agit de toute évidence d’un enjeu d’une importance capitale. Mais l’Institut Vanier de la famille a trop souvent été cité (particulièrement en référence à notre sondage national sur les valeurs et les aspirations des Canadiens mené par le professeur Reginald Bibby de l’Université de Lethbridge) (http://www.vifamily.ca/library/publications/futured_fr.html) pour affirmer que les Canadiens ne veulent pas financer un réseau national de garde à la petite enfance. Notre sondage ne peut pas appuyer cette conclusion. Voici la question que nous avons posée : « Si vous et votre conjoint(e) occupiez un emploi à l’extérieur du foyer et aviez ces choix pour la garde de vos enfants d’âge préscolaire, quelles seraient vos cinq principales préférences. » Les réponses recueillies nous ont permis de constater que « … dans un monde idéal, le choix numéro 1 est son conjoint ou de sa conjointe, suivi des parents des conjoints, puis d’un autre membre de la parenté. Et comme derniers choix, la garde à l’enfance en milieu familial, suivie de celle en garderie. » Ces réponses ne nous surprennent pas, étant donné que la plupart des espoirs et des rêves des Canadiens concernant la vie familiale sont plutôt traditionnels. Les Canadiens aspirent au mariage, à avoir des enfants heureux et en santé, à être de bons parents engagés dans une relation durable, à prendre soin de leurs parents vieillissants et, si nécessaire, à recevoir des soins. Même les adolescents sont, contre toute attente, traditionalistes. En effet, 90 % d’entre eux envisagent de se marier, d’avoir des enfants et de demeurer avec le même partenaire pour le reste de leur vie. Ainsi, à la question de savoir « que choisiriez-vous — toutes proportions gardées », il n’est pas surprenant que les Canadiens optent pour ce qui leur apparaît le plus familier. À la lumière des réponses à d’autres questions, il est évident que les Canadiens comprennent et apprécient cette vieille chanson des Rolling Stones qui dit qu’on ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut. La réalité est que dans le monde d’aujourd’hui, la tâche de fournir des soins et de s’occuper de la famille nécessite des choix et des compromis. Les Canadiens aimeraient peut-être mieux qu’un soutien économique de la famille reçoive un salaire adéquat pour subvenir aux besoins financiers d’un conjoint financièrement dépendant ou que le vieillissement de la société canadienne n’oblige pas ceux dits « en âge de travailler » à contribuer au soutien d’un nombre grandissant de personnes âgées. Mais la plupart d’entre nous sommes aussi réalistes. Près de 7 Canadiens sur 10 (68 %) sont prêts à voir leurs impôts contribuer à couvrir les frais liés à des services de garde d’enfants additionnels. Le tiers des Canadiens (avec ou sans enfants à charge) nous ont dit que les services de garde pour les parents occupant un emploi à l’extérieur du foyer constituent une « très haute priorité ». Pour véritablement promouvoir les intérêts des familles canadiennes, toute la population doit comprendre les espoirs et les réalités des familles. Il incombe en particulier à ceux qui recherchent leur soutien électoral de reconnaître ces deux faits — et leurs contradictions intrinsèques. Les réponses à notre questionnaire nous ont appris que les prises de décisions des Canadiens sont complexes sur les questions concernant l’éducation de leurs enfants. Un grand nombre de parents travailleurs affirment qu’ils aimeraient rester à la maison pour élever leurs jeunes enfants s’ils pouvaient se le permettre; cependant, nombre des mères au foyer ont dit qu’elles aimeraient occuper un emploi à temps partiel. Le sondage de l’Institut Vanier n’était pas axé sur les questions de garde à l’enfance. Il n’a pas présenté aux Canadiens un bouquet « d’excellentes » ou de « meilleures » options en matière de garde à l’enfance, pas plus qu’il n’a demandé aux répondants de choisir parmi une gamme élargie de soutiens pour l’équilibre travail/famille. Il n’a pas examiné comment les questions d’inégalité persistante entre les sexes dans la main-d’ouvre rémunérée et non rémunérée influent sur les décisions relatives à la garde à l’enfance. Il n’a pas considéré non plus les questions culturelles ayant rapport au soutien à la croissance et à l’éducation des plus jeunes membres de la société. Si ces questions avaient été explorées, nous aurions constaté un « idéal » très différent — qui reflète plus étroitement la réalité et trouve son expression dans le tableau actuel des compromis travail-famille : emploi à temps partiel, responsabilités parentales partagées et modes de garde variés. Cependant, notre sondage n’a pas posé assez de questions pour montrer que la plupart des Canadiens ont une appréciation beaucoup plus raffinée et réaliste des besoins des familles que ceux reflétés dans les choix limités offerts pendant la campagne électorale. Chacun de nous a un intérêt direct pour le bien-être des enfants du Canada et les parents qui s’occupent d’eux. En bout de ligne, il revient à nos gouvernements de reconnaître notre dette.
Allan D. MacKay Pour lire ou télécharger Projet Familles de demain Un sondage sur les espoirs et les rêves des Canadiens, veuillez cliquer [içi].
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